Différenciation : l'UDB appelle Loïg Chesnais-Girard à ouvrir le débat à la société bretonne

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L'Union démocratique bretonne salue la réouverture de la discussion sur la droit à la différenciation. Loïg Chesnais-Girard, président du Conseil régional de Bretagne, a décidé de profiter du débat sur l'avenir institutionnel de la Corse pour remettre sur la table la demande d'adaptation de la législation française à la situation particulière de la Bretagne dans de multiples domaines. Pour cela, il crée un groupe de travail sous la responsabilité de Jean-Michel le Boulanger, premier vice-président.

Pour que cette volonté ne reste pas lettre morte, une mobilisation élargie est indispensable. Rappelons-nous du sort qui avait été réservé à "la contribution du Conseil régional de Bretagne au débat national sur la décentralisation" en 2013 : le document avait été tout simplement ignoré par le pouvoir central, pourtant alors de la même couleur politique que le président du Conseil régional. 

L'Union démocratique bretonne appelle Loïg Chesnais-Girard et la majorité régionale à ne pas se contenter d'une déclaration. Nous leur demandons d'ouvrir des discussions avec tous les représentants de la société bretonne, politiques, syndicaux, associatifs, professionnels, pour construire une demande bretonne partagée concernant le droit à la différentiation, demande susceptible d'être poussée par une mobilisation large et résolue.

L'Union démocratique bretonne est prête à participer à ces discussions et à mettre sur la table des pistes concrètes pour donner corps aux aspirations à l'expérimentation, à la différenciation, et plus largement à l'aspiration à une autonomie régionale. Par exemple, sur le terrain de la transition énergétique, avec la proposition d'une régie publique régionale de l'énergie, en matière économique et sociale avec l'idée d'une expérimentation en Bretagne d'un Régime local d'assurance-maladie sur le modèle alsacien et mosellan, sans oublier la régionalisation d'institutions comme Pôle emploi et l'ARS (Agence régionale de la santé). L'UDB défend également un statut public régional de l'éducation garantissant l'existence du réseau Diwan, l'idée d'une coordination régionale globale des transports, ou encore, sur le terrain institutionnel, la proposition d'une Assemblée de Bretagne, collectivité unique intégrant la Loire-Atlantique et appelée à remplacer la Région et les départements. La liste n'est pas exhaustive car les idées et les projets foisonnent en Bretagne.

Des échanges limités aux seuls élus risqueraient au contraire d'aboutir à une feuille de route étriquée. Le Conseil régional de Bretagne devrait élargir la discussion, y compris aux acteurs de Loire-Atlantique. Il faut ouvrir le débat à la société bretonne dans son ensemble, sous peine de voir à nouveau le train de la réforme institutionnelle passer, soit sans s'arrêter en Bretagne... soit en lui passant dessus!

Lycée Jean Moulin à Plouhinec : I'UDB Bro Konk solidaire.

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La section UDB Bro Konk a conscience que sa prise de position ira à l'encontre des habitudes politiciennes qui  consistent à s'assurer la bienveillance locale, quitte à prendre des positions contradictoires à quelques kilomètres de distance. Mais concernant le transfert annoncé de la formation en charpente marine du Lycée jean Moulin à Plouhinec a\r Lycée Pierre Guéguin à Concarneau, nous nous prononçons contre cette opération, liée à la fermeture du seul lycée de la région du Cap Sizun, déià particulièrement délaissée. Déshabiller Pierre pour (peut-être) habiller PauI ? Les options constantes de I'UDB concernant le maillage impliquent une cohérence qui ici s'oppose au localisme. En outre, il n'y a pas, en raison des délais, de certitude sur la capacité d'ouverture à Concarneau à la rentrée 2018. Il semble que les arguments des défenseurs du Lycée Jean Moulin commencent à porter : I'UDB les soutient, ici comme ailleurs. Pour la section, le secrétaire, Jakez LOUËIR

"L’autonomie est le moyen de l’émancipation" (Intervention de Gael Briand à Plumelin

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Chers camarades, chers amis,

 

Pour commencer cette journée que nous nous consacrons à nous-mêmes, j’ai choisi de poser une question : qu’est-ce qu’un parti ? D’apparence simple, la question mérite pourtant un peu d’attention tant les partis sont dénigrés de nos jours. Tous ici avez déjà entendu cette petite musique : « je ne fais pas de politique ». Nos sociétés se sont détournées progressivement des partis et des syndicats, jugés responsables de tous les maux. La société s’en porte-t-elle mieux ? Je n’en ai pas l’impression. J’affirme au contraire que c’est justement le manque de politique qui laisse le champ libre à d’autres acteurs que les citoyens. Et que c’est aussi le manque de politique et donc de projet de société qui rend nos compatriotes amer, désabusés… abstentionnistes !

 

La politique, c’est d’abord la conquête de nouveaux droits. Mais pour conquérir ces droits, encore faut-il se réunir, s’organiser. Or, la liberté de réunion est justement un droit qui a été conquis. Il faut attendre le XVIIIème siècle pour voir fleurir salons et clubs durant lesquels ont germé les idées révolutionnaires. Une avancée qui fut restreinte sous Napoléon avant d’être assortie de déclarations préalables. Ce n’est finalement qu’au début du XXème que cette liberté de réunion se démocratise. Avec elle naissent les partis politiques modernes. Mais que sont donc les partis ? Je propose une première définition : un parti politique, c’est un pan de la société qui s’auto-organise autour d’idées communes. Le parti politique, c’est donc l’autonomie vis-à-vis de l’État, l’auto-organisation de citoyens animés par un même idéal.

 

Le projet que nous vous présentons ce matin vise donc à définir ce qu’est l’UDB. Pas n’importe quel parti politique, mais bien le nôtre. Notre identité commune. Qui sommes-nous ? Et d’abord quel est notre héritage ? Tous ici avez un jour ou l’autre été traités de « collabo » en référence à la Seconde Guerre Mondiale et au choix d’une poignée de nationalistes. Tous, nous nous obligeons à répondre, à argumenter. Pourtant, nous ne sommes pas les héritiers du nationalisme des années 40. Nous ne l’avons jamais été. Quand l’UDB se créée, en 1964, c’est bel et bien dans une logique de rupture avec l’Emsav traditionnel. Certes, nous revendiquons la reconnaissance officielle du peuple breton, mais c’est bien suite à la guerre d’Algérie que quelques jeunes créent l’UDB. Dans une logique anticolonialiste… pas d’héritage mythique remontant aux Ducs ou même au romantisme du XIXème !

 

L’UDB est un parti ancien, mais c’est pourtant un parti mal connu des Bretons. Hélas. Tout circule sur son compte : indépendantiste, communautariste, voire terroriste pour certains qui nous confondent avec le FLB. Cette vision déformée de ce que nous sommes use d’autant plus quand elle nous associe à des idées que nous combattons ! Mais rappelons-nous, camarades, que la plupart des habitants de notre propre pays ne nous connaissent tout simplement pas ! Deux manières de réagir à ce constat. La première en désespérant : « Quoi, après 50 ans, nous n’avons pas été capables de nous faire connaître ? ». C’est qu’il est difficile d’être autonomistes dans un État centralisé ! Mais la seconde manière, c’est de se dire qu’on a donc un potentiel gigantesque inexploité ! Et ce matin, mon objectif, c’est de vous donner ou de vous redonner la fierté de militer, le goût de l’engagement, l’espoir de réussir.

 

Notre parti est petit certes, mais être petit n’empêche nullement de voir grand. Car ce que les anciens de l’UDB appelaient le « problème breton » est en réalité un problème universel. Partout dans le monde s’exerce la domination, partout dans le monde, certaines langues valent plus que d’autres, partout on exploite les faibles au profit des puissants. Notre combat est universel, loin de l’image repliée, étriquée qu’on essaye de nous faire endosser. Nous tenons tout autant d’Emile Masson que de Franz Fanon, de Goulven Mazéas que d’Albert Memmi, de Morvan Lebesque que de Steve Biko. En politique et contrairement à l’adage populaire, on choisit bel et bien sa famille !

 

Qu’est-ce qu’un parti donc ? C’est un outil ! Un outil au service d’une cause. De qui sommes-nous au service ? C’est là que notre livre apporte des réponses claires. L’UDB est un parti breton, c’est une évidence. Mais est-il nationaliste ? Oui et non. Oui, dès lors que nous pensons que la Bretagne est un pays, que la culture bretonne n’est pas une bizarrerie de la culture française, mais bien une culture propre, que certains de ses habitants se revendiquent d’un « peuple breton » d’où le nom de notre journal. Non, parce que notre conception du « peuple breton » est civique, c’est-à-dire que nous parlons à la société bretonne et pas uniquement à ceux qui se sentent Bretons. À la préférence nationale, concept raciste et grotesque, l’UDB privilégie la préférence locale, c’est à dire qu’elle travaille pour ceux qui vivent sur place, en Bretagne, quelque soit leur nationalité. Discriminations diront certains ? Pourtant, il s’agit simplement de ne pas nous laisser dicter notre conduite par des gens qui ne vivent pas ici, qui n’habitent pas le territoire.

 

Ce faisant, nous séparons bien la citoyenneté de la nationalité, ce que refuse de faire l’État. Il n’appartient pas en effet à une quelconque autorité de nous imposer une identité. L’identité est un choix personnel et c’est la volonté de construire un projet commun, de « faire société » qui nous importe à nous. De notre côté, il ne nous appartient pas non plus d’imposer une identité à quiconque. On n’est pas Breton parce que l’on vit en Bretagne. On est Breton car on a décidé de l’être ! Il y a donc une démarche d’adhésion, là encore. Mais une adhésion n’est pas obligatoire, elle est choisie… comme pour un parti !

 

Depuis 1964, l’UDB a toujours prétendu parler à tous. Ce que je vous dis ce matin n’a rien de nouveau. Mais pourtant, le constat est rude : nous n’y parvenons pas… du moins pas encore ! C’est sur cela que nous devons travailler. Car l’UDB a toujours eu une vision civique. C’est cette vision civique qui a permis aux Écossais d’élargir leur base électorale, c’est cette vision civique qui a permis à Gilles Simeoni, en Corse, de gagner les dernières élections, c’est cette vision civique qui permet aux Kurdes, en Turquie, de gagner des sièges au parlement malgré la répression féroce à leur encontre. C’est cette vision surtout qui permet la paix. Et la paix est une condition essentielle au bonheur.

 

C’est donc au service de la société bretonne que milite l’UDB. Pas uniquement au service du seul peuple breton, quand bien même il est primordial d’en reconnaître l’existence. Chaque citoyen, qu’il soit Breton ou non, peut se reconnaître dans nos idées. S’il est favorable à la diversité culturelle ou naturelle, au partage des richesses, à la démocratisation des institutions… alors, l’UDB lui ouvre les bras !

 

Mais il en va d’une société comme d’une personne : du fait de son histoire, elle peut être blessée ! Les comportements sociaux s’expliquent. À travers des faits sociologiques, on peut en déduire des traumatismes. Pour s’émanciper, il faut panser les plaies, faire un travail d’introspection pour dépasser ces traumatismes. Ce travail d’introspection, il n’appartient pas à l’UDB de le faire seule. C’est un travail collectif. En Afrique du Sud après l’apartheid, en Allemagne après la chute du mur, en Algérie aujourd’hui, les peuples réfléchissent à certains de leur travers, ce qui a pu expliquer certains comportements.

 

J’aurais été tenté de dire que la principale faiblesse du mouvement breton est le romantisme. Ceux qui, en réaction au mythe national en pondent un autre, breton celui-là, qui parlent toujours de la Bretagne, mais sans jamais parler du peuple qui l’habite ! Mais à bien y réfléchir, le principal frein à notre épanouissement, chers camarades, c’est la haine de soi, la honte de soi. Cela, tous les peuples colonisés l’ont vécu, tous les auteurs anticolonialistes l’ont décrit, tous les linguistes le constatent. Pour un peu, nous nous excuserions de parler breton ! La légitimité du peuple breton envers cette République qui n’en a jamais fait aucun cas témoigne d’un syndrome de Stockholm sévère. Nous nous angoissons parfois à l’idée d’utiliser ce beau mot « autonomie » alors qu’il est synonyme de démocratie et de responsabilisation. Oui, le peuple breton veut être adulte ! Or, aujourd’hui, ce qu’il se passe en Bretagne, la façon dont on y vit dépend d’ailleurs et cet ailleurs en tire profit. Un seul exemple : nos jeunes sont formés ici, puis quittent la Bretagne pour travailler ailleurs, avant de revenir passer leurs vieux jours sur ce qu’ils continuent d’appeler « leur » terre. Les chiffres de la démographie sont terribles et montrent que notre pays est malade, qu’il est bel et bien « colonisé » de l’intérieur. Non par la France comme le pense certains, mais par l’État comme le disait Morvan Lebesque. Paris nous pompe est une réalité pour l’ensemble des Français.

 

Qu’est-ce qu’un parti donc ? C’est une micro-société ! À l’intérieur de l’UDB cohabitent plusieurs classes sociales, plusieurs nationalités même. Mais toute cette complexité est réunie autour d’une idée forte : l’autonomie ! L’autonomie, c’est compter sur soi, cela nécessite de la confiance. D’abord faire soi-même ce qu’on peut faire. Mais cela n’exclut nullement la solidarité. Et surtout l’autonomie s’adapte aussi bien aux territoires qu’aux individus. Vous n’avez jamais été étonnés, vous, que l’autonomie soit un concept positif pour les enfants, pour les adolescents, pour les handicapés, les personnes âgées, mais qu’il soit si péjoratif quand il s’agit des territoires ? L’autonomie est un concept universel que la République nationaliste cherche à étouffer. Car l’autonomie est le moyen de l’émancipation et l’État en France, c’est papa !

 

Pourquoi donc avoir voulu faire un livre ? Parce que nous pensions que le travail intellectuel était insuffisant. Puisque les universités ne semblent pas disposées à travailler pour le peuple breton, il appartient aux partis de créer de la pensée. Je sais bien que beaucoup d’entre vous veulent du concret. Je suis tout à fait conscient que les grands discours vous ennuient. Mais l’idéologie, l’étude des idées, c’est une manière d’indiquer un chemin. Sans idéologie, un parti est un cavalier sans tête ! C’était bien la raison de la rupture des années 60. Sans projet de société, le pragmatisme revient à laisser faire le marché, à nous transformer petit à petit de citoyens en consommateurs.

 

Notre livre est divisé en 2 parties. D’abord une partie projet. Le projet, c’est notre utopie. Nos références. Le monde que nous voulons construire. Il est lui-même divisé en 3 sous-parties. La première resitue l’environnement dans lequel nous vivons. Car le peuple breton ne vit pas n’importe où. La langue, par exemple, est une émanation d’un environnement donné. L’uniformisation conduit à l’appauvrissement. « La géographie, disait Yves Lacoste, ça sert d’abord à faire la guerre ». Un pays est une carte mentale. Le jour où les Bretons cesseront de considérer que la Loire-Atlantique est bretonne, nos slogans n’y pourront rien, hélas. La Bretagne n’est pas l’ouest, elle ne se résume pas à un point cardinal. Non, la Bretagne, c’est une idée justement. Une idée entretenue par un peuple qui y vit. Et c’est justement l’ambition de la seconde partie du livre : nous définir. Qui sommes-nous et à qui nous adressons-nous ? La troisième enfin décrypte le système économique et social que nous voulons au service de la population et qui permet, comme le disait Lebesque, de rester « nous-mêmes parmi les autres ». « Parmi » car nous ne sommes pas un monde à part. Les territoires sont interdépendants et cela justifie notre combat pour une Europe fédérale, une France fédérale et, qui sait, quand la Bretagne sera vraiment autonome, une Bretagne fédérale.

 

Nous avons pris le parti de diviser la partie programme, la seconde du livre, de façon thématique. Certains auraient préféré, comme l’UDB le fait durant ses congrès, écrire un texte-fleuve qui permette d’exprimer toute la pensée de notre parti. En divisant en partie thématique, nous savions pertinemment que nous perdrions en profondeur, mais nous gagnerions en pédagogie. Les lecteurs trouveront dans chaque partie du programme une analyse courte qui définit les grands enjeux et prouve que l’autonomie n’est pas une lubie, mais bien une philosophie qui peut être appliquée dans tous les domaines.

 

En revanche, nous refusons et je refuse le consumérisme actuel qui voudrait que l’on pioche ici ou là les « bonnes » idées ! En gros, la politique serait un camembert où chaque formation aurait une couleur. Pour le PS, en rose, la solidarité, pour le PC, en rouge, le social et les transports, pour EELV, en vert, l’écologie, pour la droite, en bleu, l’économie, pour le FN, en brun, la sécurité ? L’UDB n’est pas un Frankenstein, une compilation d’idées empruntées ici ou là. Non, l’UDB, c’est un projet cohérent car nous pensons que la politique n’est pas sectorielle. Or, un projet s’embrasse complètement. Dans ce livre que nous vous proposons, nous allons voulu montrer le chemin que nous comptons emprunter, la direction vers laquelle nous voulons emmener la société. Si le rêve vous paraît juste ou simplement beau, alors nous avons besoin de vous ! Et dites-vous que, forcément, vous ne serez pas d’accord avec tout. Mais l’UDB tient au « D » de son sigle. « D » pour démocratie. Les décisions se prennent démocratiquement, après un débat de qualité, voilà une exigence sur laquelle on ne peut transiger car il nous appartient d’être le changement que nous voulons voir venir. Il nous appartient de commencer par nous-mêmes…

 

Si l’UDB existe encore aujourd’hui, c’est parce que le combat qui est le sien n’est pas terminé. Des militants continuent de s’y reconnaître, persistent à croire, contre vents et marées sûrement, que cet outil est le bon. Pendant plusieurs mois, vous avez été nombreux à participer à des réunions de travail pour élaborer ce livre. Au nom de l’UDB, je voudrais vous remercier sincèrement. Car aujourd’hui, nous espérons prouver une nouvelle fois que l’UDB est le parti qui compte en Bretagne… Bienvenus à Plumelin ! 

S'émanciper, un beau titre pour le projet de l'UDB (Intervention de Nil Caouissin à Plumelin)

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S'émanciper, un beau titre pour le projet de l'UDB, actualisé après deux années de travail avec nos militants et avec nos compagnons de route. Les partis défendant des peuples sans États parlent souvent de libération. Le concept d'émancipation reprend en partie cette idée, mais met en avant la nécessité d'un travail sur soi : une communauté humaine ne se libère pas dans l'affrontement mais dans la construction, dans la construction d'une société libérée des rapports de domination et d'oppression, qu'ils soient économiques, politiques ou culturels. A titre d'exemple : on peut, pour de bonnes raisons, faire de nombreux reproches à l’État français pour la politique linguistique intolérante et autoritaire qu'il mène toujours aujourd'hui, en témoigne l'exemple navrant et ridicule du refus par l'administration d'autoriser le tilde dans le nom d'un enfant, en 2017. On peut faire ce reproche et bien d'autres à l’État. Mais quand on entend les conseillers municipaux d'une commune du Kreiz-Breizh, Plouguernével pour ne pas la citer, rejeter l'ouverture d'une classe bilingue breton-français et proposer à la place l'ouverture d'une classe français-anglais, on mesure le chemin qu'il reste à parcourir au sein même de notre société. S'émanciper, c'est d'abord reprendre confiance dans notre histoire, dans notre culture, dans sa dignité, et affirmer notre droit à la faire à exister indépendamment des rapports de force géopolitiques et économiques du moment. Ce qui se cache derrière le choix de Plouguernével est un choix de société très profond : décider que nous sommes un espace interchangeable mis au service de la mondialisation telle qu'elle s'organise aujourd'hui, ou décider d'être une communauté humaine sur un territoire, ouverte bien sûr mais résolue à affirmer son existence dans un rapport d'égalité avec les peuples du monde. Le choix de l'UDB est bien sûr le deuxième. C'est pour cette raison que je commencerai la présentation de notre projet de société « vu de Bretagne » par le thème de la co-officialité de la langue bretonne.

 

« Nous pouvons instaurer une co-officialité de la langue bretonne par le fait »

 

Le problème de la diglossie n'est pas qu'une affaire de linguiste. La hiérarchie des langues est une évidence pour tous aujourd'hui en Bretagne : le français d'abord, le breton ensuite. On retrouve cette situation dans de nombreux territoires en France. Elle n'a pourtant rien de naturel, mais résulte d'un rapport de domination politique multiséculaire. En plus d'un appauvrissement culturel, elle engendre un effet extrêmement pervers : la diglossie institutionnalisée normalise dans la population l'idée qu'on peut hiérarchiser les langues et les cultures, donc, in fine, les peuples et les territoires qui les portent. Elle est la marque invisible et souvent inconsciente d'une organisation profondément inégalitaire de la République française. Aussi la lutte pour la reconnaissance pleine et entière des langues minorisées est indissociable de la lutte pour la démocratie et l'égalité en France. Morvan Lebesque n'a décidément rien perdu de sa pertinence, malgré les décennies écoulées !

 

La situation de la langue bretonne est à la fois encourageante et inquiétante. Encourageante car le revival est durable : la demande sociale pour l'enseignement, la création artistique, l'intérêt international même pour notre langue sont vigoureux. Inquiétante car l'offre publqiue n'est pas à la hauteur de cette demande sociale. Les filières bilingues et les centres de formation sont loin de compenser les décès de brittophones, et la présence bien trop timide du breton dans l'espace public n'aide pas les locuteurs à s'assumer, et à pratiquer la langue. La meilleure garantie pour développer un environnement favorable à l'épanouissement de la langue bretonne dans une société bilingue est bien entendu la co-officialité.

 

Bien sûr, une modification de la Constitution est nécessaire car elle ne donne aujourd'hui de valeur officielle qu'au français. L'UDB assume l'objectif politique d'une modification de la Constitution qui sortirait les langues dites régionales de leur assignation purement patrimoniale, pour permettre une mise sur un pied d'égalité avec la langue française dans tous les territoires qui en feraient la demande. Mais on ne peut pas se contenter d'attendre qu'un Président de bonne volonté accepte que la Constitution soit modifiée…

 

Comme Gilles Simeoni le propose en Corse, nous pouvons instaurer une co-officialité de fait. Des pouvoirs publics résolus peuvent mener une politique de co-officialité systématique et affronter pied-à-pied chaque obstacle juridique. La plupart des ingrédients d'une telle politique existent déjà et sont bien acceptés par la grande majorité des habitant-e-s de la Bretagne : classes bilingues ou immersives, panneaux de rue bilingues, annonces bilingues comme dans le téléphérique de Brest, recrutement de personnels brittophones par des collectivités, formations en breton pour les agents de la fonction publique… qui s'y oppose aujourd'hui ? Ce que nous proposons, c'est de systématiser toutes ces expériences positives et de construire en Bretagne une co-officialité que l’État devra bien finir par reconnaître. Le droit à l'expérimentation pourra aussi être un levier. Nous pourrions expérimenter l'enseignement immersif dans l'Education nationale… ou mettre en place un statut public régional pour Diwan, garantissant son financement sans remettre en cause son autonomie.

 

Pour faire accepter cette co-officialité, nous avons besoin d'aller aussi loin que possible chez nous, mais nous avons aussi besoin d'alliés. On voit bien aujourd'hui avec l'exemple corse qu'un territoire seul ne parvient pas à créer un rapport de force suffisant pour faire accepter des revendications qui heurtent la culture politique jacobine.

 

L'entraide est nécessaire, nous la faisons vivre avec Régions et peuples solidaires et souhaitons l'accentuer aujourd'hui. Nos alliés d'Unser Land, en Alsace, sont aujourd'hui noyés dans un Grand Est qui aurait bien nous être imposé également sous la forme d'un Grand Ouest. Leurs spécificités juridiques sont menacées. La meilleure manière de les aider consiste aussi à nous aider nous-même : en reprenant ce qui, chez eux, marche mieux qu'ailleurs, pour le mettre en place chez nous.

 

« Un régime local d'assurance-maladie de Bretagne »

 

Je pense bien sûr en premier lieu au système alsacien et mosellan de sécurité sociale, qui est en fait une version améliorée du régime général. Pour la Bretagne comme d'ailleurs pour la France, le choix qui se pose aujourd'hui est celui d'une assurance-maladie solidaire ou assurancielle. Le modèle assurantiel, c'est celui des États-Unis, avec tous les défauts qu'on lui connaît et que Michael Moore a crûment exposé dans le documentaire « Sickoo » : arnaque des malades, coûts prohibitifs, inégalités insoutenables dans l'accès aux soins. Le modèle solidaire, c'est le modèle alsacien. Il est d'ailleurs améliorable ; les syndicats gestionnaires du Régime local ont ainsi estimé possible de passer à une sécurité sociale universelle.

 

Ce que l'UDB propose est très simple : expérimenter dans l'ensemble de la Bretagne, de Clisson à Ouessant, un régime local d'assurance-maladie de Bretagne, calqué sur l'exemple mosellan, et évaluer l'efficacité du dispositif au bout de quelques années. Elles ne sont pas si nombreuses, les propositions concrètes permettant de rendre la sécurité sociale plus généreuse tout en améliorant ses comptes !

 

Macron parle de droit à la différentiation et de renforcer le droit à l'expérimentation ? Chiche ! Nous saurions quoi en faire. Nous pourrons l'utiliser pour réparer les dégâts des politiques sociaux-économiques inégalitaires, et relancer le progrès social par la base. Monsieur Chesnais-Girard veut travailler à des propositions pour que la Bretagne soit en pointe sur le sujet. Comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire, l'UDB est prête à engager le dialogue pour que la région Bretagne porte une position ambitieuse. Mais pour que cette position soit forte il lui faudra le soutien de la société bretonne, soutien qui ne pourra s'acquérir que si un contenu st donné à cette différentiation. C'est pourquoi nous insistons sur des propositions précises. La co-officialité. La sécurité sociale élargie et renforcée. Et bien sûr la gestion de l'énergie.

 

« L'UDB propose la création d'une régie régionale de l'énergie »

 

Enjeu crucial s'il en est, l'énergie est au coeur de l'avenir de notre société. Apprendre à la produire de manière soutenable, et à la consommer avec parcimonie, conditionnera notre capacité à maintenir notre civilisation. Le moins qu'on puisse dire, c'est que les pilotes théoriques de la transition énergétique française, l’état et EDF, ne sont pas à la hauteur de l'enjeu.

 

La France a encore repoussé son objectif de réduction de la part du nucléaire dans la production d'électricité, et le rythme de progression es énergies renouvelables est trop faible pour répondre à temps aux enjeux du changement climatique et de la raréfaction des énergies fossiles. Nos voisins européens sont souvent plus ambitieux et efficaces en la matière : ils ont sur la France le gros avantage d'être décentralisés… et leurs gouvernements ne sont pas pieds et poings liés au lobby du nucléaire, bien incrusté dans les rouages de l’État français. Si ça ne bouge pas au centre, il faut agir chez nous.

 

Il y a notamment un gros enjeux dans les projets citoyens : quand un projet de développement d'énergies renouvelables est porté par des habitants du territoire, il génère beaucoup plus d'emploi local et est bien sûr plus facilement accepté.

 

Ce n'est pas une utopie : le financement citoyen est important dans les pays européens en pointe sur le développement des renouvelables. Ainsi 80 % des projets éoliens étaient portés par des coopératives locales au Danemark, en 2013. En Allemagne, 35 % des capacités de renouvelables dont détenues par des citoyens, 15 % par des acteurs institutionnels, et 14 % par des entreprises. Une étude allemande a montré que les installations. Par ailleurs une étude a montré qu'en Allemagne la valeur ajoutée sur le territoire est multipliée par 8 quand le projet d'installation est entièrement piloté par des acteurs locaux. En Allemagne toujours, plus de 70 villes ont créé des régies locales de l'énergie, alors qu'en France la création de nouvelles entreprises publiques de production d'énergies est aujourd'hui interdite. Voilà bien un domaine où la Bretagne gagnerait à obtenir une différentiation législative !

 

L'UDB propose la création d'une régie régionale de l'énergie, dotée d'un budget propre et dont l'action serait facilitée par des adaptations règlementaires, pour investir directement dans la transition énergétique. L'échelle régionale est plus adaptée que l'échelle hexagonale pour soutenir ce type de projets. Ce n'est pas anecdotique. Le pouvoir régional, loin d'une réplique miniature du jacobinisme, doit être un accélérateur, amplificateur et fédérateur des dynamiques locales.

 

Ce principe d'autonomie doit permettre de participation de l'ensemble de la société aux politiques publiques, et ainsi multiplier leur efficacité. Un autre exemple allemand pourrait d'ailleurs inspirer la France : la place des salariés dans les entreprises.

 

« L'autonomie est un plus dans le fonctionnement même de l'économie »

 

En Allemagne, les représentants des salariés occupent la moitié des places dans les conseils d'administration des entreprises de plus de 2000 salariés, avec droit de vote et pas simplement voix consultative. Autant dire que leur avis ne peut être ignoré. En plus de mieux défendre leurs droits, ils peuvent ainsi améliorer la gestion de leurs entreprises, qu'il connaissent mieux que personne car ce sont eux qui les font tourner au quotidien.

 

Une telle mesure ferait un grand bien à la France, qui reproduit souvent dans le privé le management très vertical du secteur public. Tout le monde ou presque a vécu des absurdités sur son lieu de travail, venues de dirigeants qui ne connaissent pas le quotidien d'une entreprise ou d'un service. Avec parfois des pertes d'efficacité considérables… L'autonomie n'a pas seulement son intérêt sur le plan territorial. C'est aussi un plus dans le fonctionnement même de l'économie et de la société.

 

Comme l'explique bien Guillaume Duval dans « Made in Germany », la compétitivité allemande est due à bien d'autres facteurs que le coût du travail. Un de ces facteurs d'efficacité est justement la co-décision. Les gouvernements français qui prétendent s'inspirer du modèle allemand ne retiennent pourtant en réalité que les faiblesses du modèle, à savoir la précarité d'une partie des travailleurs.

 

« la France doit mener une révolution démocratique dans son économie comme dans ses institutions politiques »

 

Si la France veut réellement d'inspirer de l'Allemagne et garder le meilleur plutôt que le pire, alors elle doit rompre avec sa tradition jacobine et réhabiliter les corps intermédiaires, tous les groupes et institutions qui permettent à la société d'être autonome, réactive et souple : le rôle essentiel des syndicats et des représentants des salariés, l'importance des accords de branche, mais aussi le pouvoir des Länders, qui disposent d'une autonomie réelle et d'un droit de veto sur les décisions les concernant, via le Bundesrat. En d'autres termes, la France doit mener une révolution démocratique dans son économie comme dans ses institutions politiques, et laisser derrière elle le culte de l'autorité et de l'homme providentiel. La Bretagne a besoin, pour s'épanouir, que la France accepte de faire ce chemin, car elle ne sera jamais qu'une périphérie à la traîne dans une France centralisée et bureaucratique.

 

Respectez le peuple corse, respectez la démocratie

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La majorité nationaliste corse, largement soutenue par les urnes et par la rue, défend le mandat populaire qui leur a été confié, avec dignité. Ils poursuivent la volonté de solutions politiques et démocratiques à des problèmes qui le sont tout autant, sur la voie de l'appaisement. Ils ont tout le soutien de l'UDB.

Les revendications corses bousculent le centralisme et sont légitimes. L'autonomie répond à une nécéssité démocratique et économique, la co-officialité à une obligation culturelle, le statut de résident à un devoir social et le rapprochement des prisonniers à un impératif humain.

Refuser la main tendue par l'exécutif corse est irresponsable. Le mépris affiché par le gouvernement, replié sur une idéologie centraliste, n'est pas à la hauteur des enjeux. En bombant le torse au lieu de trouver un compromis, l'État ne montre que son incapacité à changer de modèle.

Macron prend, en Corse, le même chemin que Rajoy en Catalogne dont le refus de modifier la constitution a transformé un électorat autonomiste en un autre, indépendantiste. En utilisant les mêmes méthodes, le gouvernement risque fort de se retrouver face aux mêmes conséquences. Si les situations ne sont pas toujours comparables, les réactions face aux dénis de démocratie le sont.

L'UDB soutient pleinement l'exécutif corse. Tous ceux qui aspirent à une évolution des institutions françaises dans ce sens de plus de démocratie et d'autonomie - en Bretagne comme ailleurs - ont intérêt à unir leurs forces pour soutenir les demandes corses, et pour modifier la Constitution afin de permettre à tout territoire le souhaitant d'accéder à une autonomie pleine et entière.

Vote du budget 2018 de la ville de Rennes

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01/02/2018

Madame la Maire, Chers collègues,

Nous votons ce soir le budget de notre ville pour l’année 2018.

Les décisions de l'année 2017 relatives aux collectivités territoriales qui vont s'appliquer en 2018 sont pour le moins inédites et le pacte imposé par l'état aux plus grandes collectivités, validé par le Conseil constitutionnel, remet selon moi en cause les grands principes des lois de décentralisation de 1982, qui fondaient notre démocratie contemporaine. Car finalement, derrière un pseudo discours girondin de modernisation des institutions et des pratiques, la politique menée par le Président de la République et son 1er ministre ressemble sur ce point à une vieille politique centralisatrice et libérale.

l'Etat français, incapable de se réformer, préfère faire peser la charge sur les collectivités accusées de mauvaise gestion. Effectivement, celles-ci recrutent des agents pour gérer des services publics de proximité au bénéfice de leur population et c'est très bien ! Dans le même temps, 25 milliards d'euro sont engagés pour mener à bien le Grand Paris Express ; infrastructure qui serait probablement inutile si la France avait voulu aménager son territoire pour éviter la surconcentration, y compris sur le plan économique.

Difficile également de parler du budget des collectivités sans évoquer la suppression de la taxe d'habitation. Sans défendre cet impôt local qui méritait, comme beaucoup d'autres, d'être repensé, la manière dont cette réforme a été menée est ridicule et la compensation provisoire injuste. Petit à petit, les marges d'autonomie fiscale que possédaient encore les collectivités disparaissent. Par contre, du côté de l'Etat, on attend toujours les réformes structurelles !

Nuls doutes que l'ensemble de ces nouvelles dispositions vont impacter la ville de Rennes qui, comme l'a dit Mme La Maire, fera valoir ses arguments pour faire comprendre qu'une politique ne se résume pas à quelques indicateurs, surtout en période de croissance démographique. Car l'effort de désendettement sur 5 ans et l'augmentation maîtrisée à 1,2 % des dépenses de fonctionnement va impacter les territoires et réduire les investissements locaux. N’oublions pas que l’investissement public bénéficie directement à l’économie et à l’emploi.

Avec cette mesure, comment aurions-nous fait, il y a quelques années, pour augmenter fortement la subvention dont le CCAS avait besoin pour venir en aide aux populations les plus démunies de notre ville. Aurait-il fallu diminuer les subventions aux associations culturelles, ou aux clubs sportifs ? Ne plus aider les associations qui voyaient les emplois aidés rabotés ?

Il y a bien un chiisme aujourd’hui entre la politique de notre ville et celle de l’Etat, qui fait écho à cette phrase tristement connue d’Emmanuel Macron : « Il y a des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien ».

A Rennes, notre vision n'est pas celle-là et c'est pourquoi nos politiques sont ambitieuses et fondamentalement humanistes.

Notre vision diverge également avec l’Etat en ce qui concerne la politique migratoire même si beaucoup reste encore à faire dans ce domaine. Pour Rennes, investir dans la vie et le développement des quartiers est une évidence : nous affectons 12 millions d'euro au soutien à la vie associative et au fonctionnement des équipements de quartier et plus de 21 millions à l'action sociale.

Pour les salariés, l’année 2018 s’annonce, je l’espère, plus sereine que l’année précédente. Madame La Maire a insisté à l’occasion de ses vœux sur le rôle prépondérant des agents dans la mise en œuvre des politiques publiques. En tant qu’employeur public, la ville a également un rôle à jouer pour favoriser la qualité de vie au travail. N’oublions pas que l’emploi public contribue largement à la dynamique économique de notre bassin d’emploi. Dans ce domaine, la Ville et la Métropole ont entre leurs mains un levier important de la politique de l’emploi.

C’est au sujet de sa gouvernance que la Métropole est aujourd’hui attendue, du côté des citoyens comme du côté de ses représentants élus. Nous sommes nombreux, je crois, à nous interroger sur son fonctionnement et à regretter l’éloignement des citoyens. Un travail doit être mené sur les valeurs de cette collectivité et les fondements de l’intérêt général communautaire. Nous appelions de nos vœux, l’année dernière, la mise en place d’une fabrique citoyenne à l’échelle de la Métropole, force est de constater que nous n’y sommes pas. Ces politiques qui visent à faire participer les citoyens à l’action publique sont fondamentales comme celles qui agissent pour renforcer la cohésion sociale.

Il est important que la Ville maintienne son effort financier au profit des associations et des structures qui, dans les quartiers, accompagnent les citoyens dans leur vie quotidienne ou leurs projets.

Le budget qui nous est présenté aujourd’hui respecte les grands équilibres et est fidèle au principe de solidarité qui compte beaucoup pour notre majorité. Ce budget reste malgré tout ambitieux avec de nouvelles perspectives que les projets issus de la troisième saison du budget participatif viendront étoffer.

Chers collègues, le vote d’un budget est le moment de réaffirmer notre responsabilité face aux rennais, et d’en être digne. Je voterai ce budget 2018 qui a l’ambition de faire évoluer notre ville dans un contexte contraignant.

Merci de votre attention, 

Intervention de politique générale d'Ana Sohier

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01/02/2018

Intervention de politique générale

Mme la Maire, Chers collègues,

Suite à l'abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame des Landes, La Ministre des transports est venue en Bretagne pour échanger avec les élus sur un pacte d'accessibilité pour le développement des transports dans le grand-ouest de la France. Le 1er ministre l’a, en effet, chargé de penser un nouveau schéma sous 6 mois, c'est ambitieux quand on a porté pendant 50 ans un projet d'aéroport pour finalement l’abandonner. Preuve, probablement, qu’il était mal conçu puisque mal pensé.

Mais, puisqu’il faut penser un nouveau projet de développement des transports, nous souhaiterions vivement que les citoyens soient conviés à participer… Mais cela semble compromis en seulement 6 mois. Pourtant nous ne pouvons pas uniquement reprendre d’anciens projets, nous devons être ambitieux et développer des moyens de transports innovants qui soient réellement au service des habitants pour leurs besoins quotidiens et occasionnels.

Sur la concertation, autant éviter de reproduire les erreurs du passé. A Notre-Dame des Landes nous avons longtemps parlé de gaspillages de terres agricoles mais qu’en est-il à Paris ou l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle, par exemple, ne cesse de se développer. Les nouveaux projets devront penser intelligemment les impacts écologiques et économiques de nos déplacements.

A l’heure actuelle, force est de constater que le schéma aéroportuaire français renforce notre dépendance à Paris et l'aménagement des aéroports de Rennes et de Nantes ne pourront suffire, leurs équipements sont contraints, et ce ne sont pas des infrastructures de dimension internationale. En réponse à cela, on nous dira que Paris n’est qu’à 1h25 de Rennes par le train. Mais, ne soyons pas dupe, le gain de temps d'une demi-heure a entrainé une augmentation des prix des billets et globalement le prix du train ne permet pas à tous d'en profiter.

Ce projet cause une fracture territoriale et accentue les inégalités sociales. Largement financée par les collectivités bretonnes, la LGV bénéficie surtout aux nouveaux pendulaires. Elle a apporté de nombreuses perturbations sur le réseau TER, diminué les correspondances et ainsi les liaisons domicile-travail, obligeant certains à reprendre leur voiture.

La question fondamentale qui se pose aujourd’hui est celle de l’engagement financier de l’État dans le financement de nouvelles infrastructures nécessaires au développement de la Bretagne : liaison Rennes Nantes, amélioration des liaisons vers l’ouest de la Bretagne, mise en cohérence d’un schéma aéroportuaire breton avec les aéroports de Rennes, Brest et Nantes…

Si l’État peut affecter des recettes fiscales spécifiques et des subventions de plusieurs milliards d’euro pour financer le Grand Paris Express, elle peut aussi affecter des crédits pour l’aménagement cohérent de l’ensemble notre territoire ; à l’inverse de la politique menée par la SNCF et RFF depuis des années qui n’investit plus dans les lignes locales.

J’espère que dans les débats qui vont intervenir dans ce domaine avec l’Etat vous saurez Madame la Maire, défendre les intérêts de l’ensemble des bretonnes et des bretons et solliciter leur participation au débat.

Je vous remercie de votre attention,

Ana SOHIER, conseillère municipale UDB à la Ville de Rennes.

Refus de classe bilingue à Plouguernével : l'UDB s'étonne de la décision de la municipalité.

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Alors que le rectorat et l'Office public de la langue bretonne (OPLB) sont d'accord pour l'ouverture d'une classe bilingue à l'école de Plouguernével, le conseil municipal vient de refuser cette opportunité. La section Kreiz Breizh de l'Union démocratique bretonne (UDB) exprime son étonnement devant cette décision incompréhensible.

Les élus disent craindre une "porosité" entre classe bilingue et monolingue. C'est admettre que nombre de familles seraient tentées par une scolarité français-breton ; refuser l'ouverture de cette classe, c'est donc priver ces familles d'un choix légitime.

L'UDB s'indigne particulièrement de la méthode hypocrite et rétrograde qui consiste à justifier ce refus en invoquant l'idée démagogique d'une classe français-anglais.

— Hypocrite, d'une part, car l'ouverture d'une classe français-breton est possible à court terme, et son enseignement se poursuivra ensuite au collège de Rostrenen. Au contraire, au-delà des effets d'annonce démagogiques, les classes en langue étrangère manquent souvent de suivi ultérieur, et aussi d'environnement favorable (elles sont "hors-sol" en quelque sorte) pour acquérir durablement des compétences.

— Rétrograde, d'autre part, car les linguistes modernes n'opposent plus langue régionale et langue étrangère ; au contraire, on voit que les jeunes issus des classes bilingues français + langue régionale ont beaucoup de facilités à acquérir ensuite les langues étrangères (comme l'anglais).

En refusant l'ouverture d'une classe français-breton, le CM de Plouguernével refuse donc aux enfants la chance de s'ouvrir à la fois vers leur région et vers le monde, et prend finalement le risque de les garder enfermés dans un monolinguisme étroit.

 

                                                                                  UDB Kreiz Breizh

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