Discours de l'UDB en conseil municipal de Nantes au sujet du budget 2016

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02/11/2015

Madame le maire, cher-e-s collègues,
 


Nous savons toutes et tous que nos collectivités territoriales font face à un contexte financier inédit.
 
Inédite, en effet, est la perte cumulée de ressources pour la ville de Nantes : 7,6 millions d'euros en 2015, 10,6 millions en 2016.
Inédit, car c'est la fin d'un cycle.
Inédit et c'est pour cela que le DOB [Débat d'Orientation Budgétaire] est l'occasion de rappeler que notre objectif commun est de continuer à investir et à développer des politiques innovantes, donnant la priorité à l’éducation, à la petite enfance et au numérique.
 
Pour maintenir un taux d’épargne correct, et donc un niveau d’investissement conforme à nos engagements de campagne, il nous faut valider une stratégie financière adaptée qui passe par une rationalisation des dépenses de fonctionnement et une optimisation du recours à l'emprunt.
 
Depuis 2010, avec la suppression de la taxe professionnelle par le gouvernement Sarkozy, nous assistons impuissants à une re-centralisation de la France. La baisse de la DGF n'en est qu'un nouvel avatar.
 
Pour nous à l'UDB, l'heure n'est plus à réclamer une modification de cette DGF ou toute autre sous-mesure compensatoire.
Car, la crise que nous vivons est une crise de répartition des richesses.
Mais - convenez-en - cette répartition est aussi territoriale.
Ainsi c'est une double réforme que nous souhaitons :
- réforme de l'organisation territoriale – je ne reviens pas sur la non-réunification de la Bretagne -
- réforme de la fiscalité.
 
Pour nous à l'UDB, ce débat doit être le débat de d'autonomie de nos Villes et métropoles, une autonomie qui permet de vivre et décider ici à Nantes, en Bretagne.
Dans le respect de la solidarité nationale.
 
Cette autonomie qui n’est pas un repli sur soi mais bien au contraire un chemin pour améliorer l’action publique au plus près des habitants.
A l’inverse de la plupart des pays européens, les régions et villes françaises ne disposent pas des moyens politiques, législatifs et financiers pour agir sur leur territoire afin de favoriser l’activité économique, culturelle et le vivre-ensemble.
 
Leur action au plus près des territoires est insuffisante car les lois s’appliquent nationalement et ignorent les particularités locales.
Cette autonomie fiscale et politique n'est pas une utopie… Elle est appliquée dans de nombreux territoires et elle porte ses fruits.
 
De Bruxelles à Berlin, de Vienne à Edimbourg, de grandes métropoles européennes dynamiques se sont unes à unes levées pour réclamer -et obtenir- un statut différencié leur permettant de s'émanciper de la tutelle de l’État et avoir les moyens de leurs politiques.
 
A l’heure où Nantes préside Eurocities et souhaite s'inscrire dans le concert des grandes métropoles européennes, le constat est amer. Faute de suffisamment de leviers institutionnels et fiscaux : notre ville est un nain politique.
L’autonomie est le quotidien de millions de citoyens européens. Pourquoi les nantais-e-s n’y auraient pas droit ?
 
Je terminerai par un exemple et une inquiétude.
La Ville de Nantes connaît et va connaître une forte progression de sa population. Cette année ce sont plus de 400 nouveaux enfants inscrits dans les écoles publiques et associatives de Nantes.
Les prochaines années, le même phénomène devrait s'amplifier. Il y aura sans doute d'importants investissements à prévoir pour l'accueil de ses enfants dans de bonnes conditions.
 
Sous tutelle de l’État, quelles seront nos possibilités d'y répondre quand la plus grande partie des investissements français continuent à être majoritairement fléchés vers le Grand-Paris ?
 
Je vous remercie.


Pierre Emmanuel Marais, groupe UDB à la Ville de Nantes.



"Les projets doivent profiter à l'ensemble du territoire breton"

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Conseil régional de Bretagne

Session plénière des 15 et 16 octobre 2015

Intervention dʼHerri Gourmelen

Contrats métropolitains Brest-Rennes

 

Monsieur le Président,

 

Sur le territoire malouin, je peux témoigner de lʼexemplarité de la politique de solidarité de la Région Bretagne. Je ne compte pas mʼétendre, simplement faire quelques remarques généralistes.

 

Nous le répétons, il nʼest pas question de nier le fait métropolitain : il nʼy aura pas de CHU et dʼuniversité partout, cela tombe sous le sens.

 

Mais comme le dit la CFDT, les fonctions métropolitaines existent en dehors des villes-capitales. Les financements ne se justifient que sʼils contribuent à des projets spécifiques et profitent à lʼensemble du territoire breton.

 

Le document du CESER ne dit pas autre chose : le renforcement des fonctions métropolitaines ne doit pas nuire à la cohésion du territoire, mais la renforcer. Dans cette perspective, le CESER, fort logiquement, demande que les conseils de développement soient associés à la mise en oeuvre des contrats métropolitains.

 

Nous partageons, bien sûr, ces préoccupations et cʼest précisément pourquoi nous nous inquiétons de la disposition de la loi NOTRE qui permet aux métropoles de ne pas appliquer les futurs schémas régionaux relatifs à lʼaménagement du territoire au sens large dʼune part, à lʼéconomie dʼautre part, si ceux-ci ne leur conviennent pas.

 

Cette disposition de la loi NOTRE laisse entrevoir le risque dʼun morcellement de la Bretagne. Nous ne lʼacceptons pas.

 

 

Explication de vote de Christian Guyonvarcʼh : nous voterons pour ce bordereau car la Région est au rendez-vous de lʼéquité. Elle met à peu près la même somme pour aider Brest et Rennes. Néanmoins, notre groupe tenait à signaler dans lʼassemblée que ce nʼest pas le cas de tous les acteurs. LʼEtat, notamment, consacre une enveloppe trois fois plus importante à Rennes quʼà Brest.  

Anthony Hamelin : "Ayons le courage de proposer un référendum aux Citoyens"

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12/10/2015

Conseil municipal de Saint-Herblain du 12 octobre 2015

Voici deux interventions d'Anthony Hamelin, prononcée à l'occasion du Conseil municipal.
 

Organisation d'une votation citoyenne par l'association Dibab-Décider la Bretagne

 
J’interviens également au nom de Myriam Gandolphe (UDI), Primael Petit (Breizhistance – A gauche toute)

 

 

C’est en 1956, lors de la création des régions administratives françaises, que la Loire-Atlantique (appelé Loire-Inférieure à l'époque) a été rattachée aux Pays de la Loire quittant de ce fait la région Bretagne.  

 

Depuis, ce  « démembrement » reste un sujet polémique dans notre Département, ainsi que dans le reste de la Bretagne. A chaque annonce de réforme territoriale ou d’élection, des élus de la Loire-Atlantique et des autres départements Bretons, des mouvements politiques et des associations régionales demandent la réunification administrative de la Bretagne avec la Loire Atlantique.   

 

Régulièrement la question revient dans le débat public, par le biais de sondages (selon le dernier,  63 % des habitants de la Loire-Atlantique et 57% des Bretons sont favorables à ce rattachement), enquêtes, manifestations (la dernière a rassemblé à Nantes plus de 30 000 personnes), prises de position d’élus.

Mais bien que des  mouvements politiques d'horizons différents soutiennent la Bretagne à cinq départements. Le sujet est clivant et nous avons pu constater que certains élus essaient d'esquiver le vrai débat en fonction de leurs intérêts à court terme et jamais nous n’avons eu le courage de proposer un référendum aux Citoyens des régions administratives de Bretagne et des Pays de la Loire.

 

Aujourd’hui, un collectif de citoyen de St-Herblain avec l'aide de l'association DIBAB c'est constitué pour permettre  aux habitants de s'exprimer sur une question de la réforme territoriale. Dibab signifie choisir en breton. Cette association s'est constitué en 2014 pour proposer aux habitants des collectivités local de Bretagne une votation sur la réunification de la Bretagne et de la constitution d'une assemblée de Bretagne qui regrouperait l'actuelle assemblée régionale de Bretagne et des départements d'Ille et Vilaine, du Finistère, des Côtes d'Armor, de Loire-Atlantique et du Morbihan.

En démocratie, c'est à nous tous citoyens, engagés ou non, de définir le cadre politique dans lequel elle souhaite évoluer, dans son organisation territoriale comme dans ses compétences.  Aujourd'hui nous voyons bien qu'il n'en est rien, la logique du pré carré ayant supplanté celle de l'intérêt des populations. Cette attitude blesse encore un peu plus la démocratie dans notre pays. Ce n'est pas acceptable.

 

Nous pouvons nous inspirer de la Suisse qui est plutôt exemplaire en matière de consultation de ses citoyens face au déni de démocratie qui conduit en France à l'abstention et au vote sanction.

 

Quelles que soient les opinions des uns et des autres à ce sujet, nous avons aujourd'hui l'opportunité de renforcer la démocratie locale en consultant les citoyens sur l'avenir de leurs collectivités, grâce à la plateforme DIBAB.

 

Pour nous Myriam Gandolphe, Primael Petit et moi même nous souhaitons que notre Département retrouve son équilibre, une vision globale des enjeux est nécessaire pour construire une région enfin cohérente et économiquement forte. Pour que le débat prenne de la hauteur, nous sorte de ces positions politiques « dites délicates », faisons vivre la démocratie participative, parlons-en avec les citoyens et décidons ensemble !   


L'apprentissage des langues permet une meilleure connaissance des autres cultures.


J’interviens au nom des groupes UDB et ESHA/EELV


Après la fermeture de l'école de l'Angevinière, qui a conduit à l'ouverture de l'école Nelson Mandela, la désaffectation et le déclassement qui vous est proposé est l’étape nécessaire pour la cession des locaux à Nantes Métropole. Cette cession permettra à Nantes Métropole d'accueillir, dans ces bâtiments, le complexe culturel « Yezhoù ha Sevenadur » déjà présent sur notre commune mais à l'étroit dans ses locaux actuels.


Nous saluons l'extraordinaire travail des associations mobilisés autour de ce projet de complexe culturel et nous espérons que les délais administratifs et de travaux permettront une ouverture en septembre 2016.

« Yezhoù ha Sevenadur » signifie « Langues et culture », langues au pluriel ; pluriel comme l’est le quartier du Sillon de Bretagne, riche de la diversité de ses de ses langues et de ses cultures.


Nous proposons qu’une passerelle soit jetée entre l'école Nelson Mandela et le complexe culturel « Yezhoù ha Sevenadur » en installant une filière bilingue breton-français dans ce nouveau groupe scolaire. Rappelons que notre commune est la seule grande commune de Loire-Atlantique sans filière bilingue alors que 60 enfants herblinois fréquentent l'école Diwan de Nantes.


Le complexe « Yezhoù ha Sevenadur » accueillera, outre une bibliothèque disposant d'un fonds en ouvrages de langues d'oil et celtiques, le collège Diwan bilingue de Loire-Atlantique et une micro-crèche.

A ce propos, nous voudrions vous citer la circulaire du 13 septembre 2001, parue dans le bulletin officiel de l’Education nationale, qui dit : « L’enseignement de la langue régionale à parité horaire contribue au développement des capacités intellectuelles, culturelles et linguistiques de l’enfant, [cet enseignement] conforte l’apprentissage du français et prépare les élèves à l’apprentissage des autres langues ».


De plus, l'apprentissage des langues permet une meilleure connaissance des autres cultures.


Des professeurs des écoles et des agents ATSEM de St-Herblain sont prêts à s’investir dans ce projet.

Le groupe ESHA-EELV et le groupe UDB proposent donc que la Ville de Saint-Herblain étudie la faisabilité d'une telle ouverture qui devra se faire avec l'accord de l'équipe pédagogique.

Je terminerai par une citation de Nelson Mandela : « Si vous parlez à un homme dans une langue qu'il comprend, cela va à sa tête. Si vous lui parlez dans sa langue maternelle, cela lui va droit au cœur ».


Anthony Hamelin,

Conseiller municipal de Saint-Herblain

Position de l'UDB sur la convention spécifique sur les langues de Bretagne

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Conseil régional de Bretagne

Session plénière des 15 et 16 octobre 2015

Intervention de Naig Le Gars

 

Cette convention spécifique, tant attendue, est présentée in extremis lors de notre dernière session de la mandature, est assez loin dʼêtre conforme à nos espérances, même si nous souscrivons pleinement au préambule du texte. Le premier point est logiquement consacré à lʼenseignement, et nʼapporte pas grand chose par rapport à lʼexistant, si ce nʼest quʼil aurait pu lʼaggraver, avec la question des seuils (qui nʼétait jusquʼici quʼune règle interne et non écrite au sein de lʼacadémie de Rennes). Heureusement, elle a fait lʼobjet dʼun amendement grâce auquel le nombre de 15 enfants nʼapparait plus dans la convention. Le cas échéant, cʼétait clairement un cassus belli car cela signifiait un coup dʼarrêt à beaucoup de projets dʼouverture et donc au développement de lʼenseignement bilingue. Maintenant, il ne faudrait pas que cette règle revienne par en-dessous, suivant les endroits et les personnes en responsabilités. On lʼa vu pour lʼouverture dʼune classe à Liffré qui a été très difficile malgré le nombre conséquent dʼenfants inscrits. Récemment encore, la DASEN (inspectrice dʼacadémie) a dressé une circulaire, conditionnant les ouvertures de filières à lʼinscription de 18 à 20 enfants de 2 ans révolus ou du moins de 15 enfants de plus de 3 ans.

 

Au-delà de cette question et de celle de la formation des enseignants dont votre amendement, Monsieur le président, a heureusement relevé le nombre, cʼest la philosophie et le mode de gouvernance de cette convention – et singulièrement sʼagissant de lʼenseignement – qui nous dérange.

 

En effet, cʼest toujours lʼEtat et ses services qui dirige la manoeuvre, fixe ses objectifs, et surtout ses limites. Pourquoi ne peut-on pas obtenir un plan de développement de lʼenseignement du breton et du gallo, comme cela se passe au Pays basque, en Corse et en Alsace, où les effectifs de scolaires bilingues dépassent les 30 % quand nous sommes à espérer les 20000 élèves que nous devions atteindre en 2010 ? (rappelons que la Bretagne administrative scolarise 735000 élèves, tous niveaux confondus, sans compter la Loire-Atlantique dont il est fait peu mention dans ce document).

 

Or, ici, la Région se trouve ravalée à assurer la plus-value de lʼenseignement de nos langues par des dispositifs (très positifs), quʼil lui faut financer. Quant à lʼOffice public de la langue bretonne, qui devrait être lʼopérateur et le maître dʼoeuvre de la carte scolaire (à lʼinstar de lʼoffice de la langue basque), se voit réduit à un rôle de préparateur en amont des projets dʼouvertures des sites, en fonction des demandes et non de lʼoffre quʼil faudrait généraliser, au-delà de lʼinformation des familles, dont il est fait état dans le document ce qui est malgré tout une avancée.

 

De fait, la même politique est poursuivie par le Rectorat. Les options vont disparaître au collège avec la réforme – et le recteur est bien placé pour le savoir –, il ne restera donc quʼun éventuel enseignement de complément en concurrence avec les autres disciplines. La question des places manquantes est la marotte du Rectorat, dans un soucis de rentabilité, qui ne peut sʼappliquer pour lʼenseignement bilingue du fait du surtravail quʼengendre les classes à multiples niveaux, et de la politique des pôles qui provoque une saturation dans certains collèges. Et je parle dʼexpérience.

 

En outre, cette politique, de type pyramidale, conduit à limiter le nombre de sites alors quʼil faudrait commencer par la base : ouvrir des écoles puis des classes en collège.

 

Au bilan pour cette partie cruciale de la transmission de la langue, on est loin du compte et de lʼambition nécessaire malgré quelques avancées et la bonne volonté de la Région. La rentrée scolaire de septembre 2016 sera un premier test en espérant quʼelle soit moins catastrophique que celle de 2015, et que les rentrées maussades qui lʼont précédée.

 

Pour les autres chapitres de la convention, je ne mʼétendrais pas car il sʼagit pour une grande part de reprises de lʼexistant et/ou de sujets dont nous avons déjà débattus, voire des voeux pieux sans calendrier ni chiffrage... En tout état de causes, le modèle à atteindre est contenu dans les 14 propositions du collectif Aiʼta. Elles sont à la fois réalistes et concevables pour peu que lʼon sʼen donne les moyens, et surtout que lʼEtat central, qui décidément ne lâche rien, nous les accorde.   

  

Acquisition de 52 ha de PSA: l'avis de Christian Guyonvarc'h

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Conseil régional de Bretagne

session des 15 et 16 octobre 2015

 

Décision modificative n°3 au budget 2015

 

Programme 226

intervention de Christian Guyonvarc'h

au nom du groupe UDB, autonomie et écologie

 

Monsieur le Président,

Chères/Chers collègues,

 

L'intervention de la Région Bretagne sur ce dossier, en se portant acquéreur de 52 ha propriété d'un groupe industriel international, est inhabituel et pour tout dire exceptionnel.

 

Cette intervention est légitime au regard des enjeux pour l'économie et l'emploi en Bretagne. La comparaison est faite avec l'engagement dans le développement du port de Brest à hauteur de 134 millions €. Mais comparaison n'est pas raison car le port de Brest, propriété de la Région depuis 2008, relève des compétences obligatoires de notre collectivité. Tel n'est pas le cas ici. Pour autant, le rapprochement entre les deux situations n'est pas non plus dénué de sens car en dépensant aujourd'hui 15 millions € sur le site de La Janais à Chartres-de-Bretagne, entre l'acquisition du foncier et les coûts de déconstruction et de dépollution, la Région veut:

 

  • premièrement, maintenir en Bretagne une filière industrielle automobile, étant entendu que le site de production de PSA à La Janais, qui emploie encore 4.500 personnes (même si 1.000 d'entre elles sont détachées sur d'autres sites), fait aussi travailler des sous-traitants dans le bassin rennais et au-delà,

  • deuxièmement, mettre à profit cette acquisition de foncier pour y créer un pôle industriel dédié à la mobilité décarbonée.

 

Les enjeux sont à l'échelle de la Bretagne. A ce titre l'intervention de la Région est justifiée. Cette intervention peut aussi s'appuyer sur le chef de filat parmi les collectivités qui est reconnu à la Région en matière d'économie dans la loi NOTRe.

 

Nous ne cacherons pas que le contexte dans lequel cette opération intervient nous interpelle à plusieurs titres:

 

  • il y a d'abord les pressions que le groupe PSA exerce auprès des collectivités où se trouvent ses sites de production en France pour qu'elles lui achètent le foncier dont l'entreprise veut se séparer afin d'obtenir rapidement du cash, un achat qui apparaît clairement comme une condition du maintien d'un plan de charges sur ces sites dans les prochaines années. Cette situation intervient alors même que l'Etat est monté en 2014 au capital de PSA, à hauteur de 14%, en même temps et au même niveau que le chinois Dong Feng.

  • autre motif d'interrogation: la différence entre le prix d'achat au mètre carré que PSA applique à la Région et celui auquel Citroën en son temps a pu acquérir ce foncier auprès de la commune de Chartres-de-Bretagne. L'inflation ne suffit pas à justifier cette distorsion,

  • en outre, nous reste en travers de la gorge l'assujettissement de cette acquisition de foncier à la TVA. Notre collectivité va donc, dans cette opération, alimenter les caisses de l'Etat, totalement absent du dossier par ailleurs si ce n'est qu'il participe dorénavant au capital de PSA. Il nous reste à espérer que ce versement de TVA sera suivi d'un reversement de FCTVA (nous voudrions obtenir des garanties à ce sujet), mais quand bien même cela se fera-t-il, le bilan net entre TVA et FCTVA sera négatif pour la Région. Ce n'est pas acceptable, étant donné que les risques quant à la commercialisation de ce foncier sont intégralement pris par les collectivités. C'est même, pour tout dire, assez immoral et révélateur de la nature des relations entre l'Etat et les collectivités en France.

 

L'équation du dossier de La Janais est complexe, nous en convenons, et la Région (comme les collectivités locales) doit composer avec des paramètres qu'elle ne maîtrise pas. Nous allons donc en tenir compte.

 

Dans le souci de l'emploi nous voterons pour cette inscription de 15 millions €. Mais nous assortirons ce vote favorable d'une exigence: si nous pouvons entendre que la Région partage avec Rennes Métropole le coût du déficit d'aménagement prévisionnel du foncier qu'elle va acheter avant de le revendre à la collectivité locale après déconstruction et dépollution des parkings correspondant à ce foncier, nous demandons :

  • que la Région soit directement partie prenante d'un comité de suivi de l'aménagement et des conditions de revente de ces 52 ha,

  • que la contribution financière nette de la Région soit réinterrogée au regard du bilan financier de l'aménagement du foncier. Si le bilan financier devait s'avérer en définitive moins négatif que prévu, voire positif, il faudra que la Région puisse en bénéficier au même titre que Rennes Métropole.

 

Une dernière session plénière pour le mandat régional.

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 Conseil régional de Bretagne administrative

Session des 15 et 16 octobre 2015

Groupe UDB – Autonomie et Ecologie

Intervention de politique générale de Herri Gourmelen

 

 

Monsieur le Président, chers collègues,

 

Au nom de notre groupe, Monsieur le Président, je veux tout dʼabord rendre hommage à la façon dont vous avez présidé notre Assemblée durant les trois années et demie écoulées. Votre sens de lʼécoute et votre respect des sensibilités et des personnes nʼa jamais été pris en défaut. Nous estimions le rapporteur général du budget, nous estimons tout autant le Président dont le nom restera lié à la Lettre à la Bretagne, prônant notamment la création dʼune Assemblée unique, ainsi quʼà un engagement sans faille en faveur dʼune authentique régionalisation. Je veux insister sur ce sujet essentiel non seulement pour les militants de lʼautonomie régionale que nous sommes mais pour tous les citoyens soucieux de démocratie et dʼefficacité, plus que jamais nécessaires en ces temps de défiance vis-à-vis du monde politique et des institutions. Le parti politique qui profite de ce climat de peur et de rejet et qui pourrait faire son entrée au Conseil régional dʼune Bretagne jusquʼici préservée, le Front National, est aussi le plus anti-breton, le plus viscéralement attaché au centralisme étatique qui permet les dérives autoritaires.

 

Depuis lʼentrée dʼélus UDB, en 2004, au Conseil régional de Bretagne administrative, toute leur action a été tournée vers cet objectif: renforcer le pouvoir de décision de notre Assemblée pour une Bretagne plus forte et plus solidaire. Faute dʼun vrai pouvoir de décision, elle est empêchée dʼutiliser pleinement les formidables atouts que lui donnent son ouverture sur le monde entier par la mer en même temps que la force collective de son identité culturelle, affirmation tranquille et sereine dʼune particularité qui contribue à la richesse du monde. Mais le pouvoir de décision implique des moyens, or, et notre collègue Kristian Guyonvarcʼh, comme vous-même Monsieur le Président, lʼa à plusieurs reprises démontré, la Bretagne subit une triple peine, car à la perte dʼautonomie fiscale et à la baisse des dotations de lʼ Etat qui touchent toutes les régions, sʼajoute le fait que nous sommes celle qui déjà recevait la dotation par habitant la plus faible. Comme tous ici, nous avons noté le cri dʼalarme de la Cour des Comptes qui sʼinquiète de la très forte baisse des investissements des collectivités. A cet égard, la Région Bretagne fait figure dʼheureuse exception, grâce à lʼexcellence de sa gestion. Merci à ceux qui en ont eu la responsabilité.

 

Ce que nous voulons pour nous-mêmes, nous le voulons aussi pour les autres. Une République décentralisée, reconnaissant le droit à la différence, nʼen sera pas moins République, elle sera seulement plus juste, plus proche, plus efficace. En 2012, lʼespoir de voir la décentralisation, mère des réformes selon lʼexpression du candidat Hollande, aller vers une régionalisation différenciée était permis. Et, dans la conclusion de notre intervention du 15 avril 2010 nous disions quʼau-delà de la nécessité de faire échec au projet de réforme de Nicolas Sarkozy, lʼenjeu pour nous était de négocier avec lʼ Etat un statut particulier pour la Bretagne. Aussi, lorsquʼen 2012, nous avons réintégré la majorité à la suite du vote du budget - budget anti-crise pour reprendre votre expression dʼalors - nous avons demandé et obtenu de votre prédécesseur, puis de vous-même, la mise en place dʼun groupe de travail destiné à élaborer un projet breton dans le cadre du débat sur la décentralisation. La remarquable contribution de 60 pages qui en a résulté - merci aux élus, au services de la Région, en particulier à celui qui en assuré la coordination – a été voté le 21 mars 2013, lors dʼune séance plénière spéciale, par tous les groupes sauf celui de la droite et du centre. Au nom de mon groupe, jʼai déclaré ceci: «  Cette contribution nʼest certes pas le projet fédéraliste de lʼ UDB qui implique de régionaliser non seulement lʼaction publique mais lʼaction politique elle-même. Pour autant, nous la soutenons parce quʼelle prend en compte largement les réalités et les spécificités bretonnes ». Jʼajoute, aujourdʼhui, en déplorant que la voix de la Bretagne nʼait pas été entendue, que cette contribution restera comme lʼexpression de la volonté de la majorité sortante et des écologistes de voir la Bretagne dotée des compétences et des moyens dʼun authentique pouvoir régional, à défaut du statut spécifique que son histoire, sa géographie, son économie, sa culture justifient. Souhaitons que cette volonté soit aussi largement partagée dans la prochaine Assemblée ..!

 

Mais, même avec des moyens limités les majorités en place depuis 11 ans ont bien oeuvré, rendant plus fortes et plus cohérentes les politiques de la Région, renforçant la cohésion sociale, générationnelle et territoriale de la Bretagne. Nous nous y sommes investis depuis 2004. Dans le domaine des missions non obligatoires, citons la politique culturelle et linguistique avec la création du Conseil culturel, instance unique en son genre en France, et lʼofficialisation de lʼ Office de la langue bretonne. Certes, les objectifs en matière de scolarisation bilingue et de décentralisation culturelle ne sont pas entièrement atteints - il sʼen faut ! Cela nʼest pas de notre fait, mais de la responsabilité de lʼ Etat. De même, sʼagissant de la Réunification, malgré les voeux répétés de notre Assemblée et les manifestations de masse dans la capitale historique du pays. Lʼoccasion manquée a provoqué une amertume et une colère justifiée.

Citons encore dans les domaines dʼintervention non obligatoires, les aides à la production de logements sociaux et pour les jeunes travailleurs, aux programmes dʼhabitat innovants, à la rénovation thermique - les initiatives en matière de prévention santé - la définition dʼune politique globale de la jeunesse - le lancement dʼune politique de solidarité internationale.

Le volontarisme politique des majorités de gauche sʼest autant clairement manifesté dans le champ des compétences obligatoires, à commencer par la remarquable amélioration qualitative et tarifaire dans le transport ferroviaire, mais aussi la rénovation des bâtiments dʼenseignement secondaire, la construction du nouveau lycée maritime de Saint-Malo et celle programmée du lycée de Liffré et de celui de Ploërmel si la droite ne saborde pas le projet. Dans le domaine maritime notons la politique innovante de « gestion intégrée des zones côtières », la structuration des filières pêches, algues et aquaculture, le vaste chantier du port de Brest autour des énergies marines... Citons encore la patiente reconquête de la qualité des eaux et la maîtrise du foncier, deux éléments clé du développement futur de la Région.

 

La Bretagne, nous lʼavons souvent répété ici bien des fois, avec dʼautres, est confrontée à la crise de son modèle économique, singulièrement de son modèle agro-alimentaire. Cette crise a engendré le mouvement des Bonnets Rouges même si le déclencheur en a été lʼécotaxe. Nous avons pour notre part participé aux manifestations aux côtés des travailleurs, premières victimes du système productiviste libéral défendu par certains leaders du mouvement, ennemis de toute éco-conditionnalité. Nous sommes convaincus que la réponse à la crise nʼest pas dans les volumes mais dans la qualité. Et, si nous approuvons les infléchissements de la politique régionale en la matière - et la gestion directe des Fonds européens doit nous y aider - nous pensons que lʼinflexion nʼest pas assez forte. Nous nʼavions dʼailleurs pas voté la Nouvelle Alliance Agricole.

 

Lʼaccompagnement de la mutation du « modèle breton » sera lʼune des tâches majeures de la future Assemblée, avec la défense de notre identité, car comme le disait le président de Produit en Bretagne lors de lʼinauguration de lʼexposition de lʼorganisation dans les locaux de la Région: aujourdʼhui, pour exister sur la scène de la concurrence mondialisée il faut être différent.

 

Je vous remercie.

La progression de la filière bilingue français-breton à Nantes

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01/10/2015

®Ouest-France

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

Objet: La progression de la filière bilingue français-breton à Nantes

 

Les élu-e-s UDB de la Ville de Nantes se félicitent des bons chiffres de la rentrée scolaire de l'enseignement bilingue français/breton à Nantes/Naoned, pour cette rentrée 2015.
Avec 523 élèves scolarisés dans l'enseignement diwan, public et catholique, les effectifs bilingues nantais ont connu une croissance de 25 élèves. Faisant ainsi de Nantes la sixième commune de Bretagne en termes d'effectifs globaux.
 
Ces résultats positifs sont liés à la forte implication des différents partenaires associatifs et publics mobilisés pour le développement de la langue bretonne sur Nantes/Naoned.
Un troisième site public bilingue est d'ailleurs en cours de réflexion traduisant ainsi la volonté de la Ville et de ses élu-e-s d'amplifier le développement de l'enseignement bilingue.
 
Les élu-e-s UDB de Nantes tiennent à souligner que, derrière ces chiffres encourageants, l'enseignement de la langue bretonne reste toutefois fragile. Seulement quatre nouveaux sites ont ouvert en Bretagne en 2015, alors que l'Alsace a connu douze ouvertures (sur 2 départements) et la Corse huit ouvertures (pour une population équivalente à celle de la Ville de Nantes).
 
L'investissement des pouvoirs publics (Etat et collectivités territoriales) dans le développement de l'enseignement bilingue est plus que jamais nécessaire, c'est d'ailleurs dans cette perspective que la Ville de Nantes souhaite pouvoir signer prochainement le niveau 2 de la Charte Ya d'ar Brezhoneg.
 
Pierre-Emmanuel Marais
Conseiller municipal délégué à la diversité linguistique, pédagogique et culturelle et aux activités périscolaires
Sonia Meziane
Conseillère municipale déléguée à l’égalité Femmes Hommes



Ana Sohier : compter sur les travailleurs pour régénérer le tissu industriel

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Ana Sohier est intervenue au Conseil municipal de Rennes du lundi 5 septembre à propos de l'actualité économique bretonne, à partir des dossiers industriels PSA et Seita.

 

 

Mes chers collèges,

 

L'actualité économique nous pousse à réfléchir à l'avenir industriel de notre région et au rôle que la puissance publique peut jouer pour y prendre part. Un pays ne peut vivre uniquement de services ; produire et transformer est indispensable, et le sera plus encore lorsque la hausse des coûts de l'énergie compliquera le transport massif de marchandises à l'échelle internationale.

 

La Bretagne est une des régions où l'industrie pèse le plus dans le total des emplois, notamment du fait de la place de l'agroalimentaire. Mais un risque réel de désindustrialisation menace, conséquence du fonctionnement du capitalisme mondial et du manque de pouvoir de décision local.

Les exemples sont nombreux, mais je concentrerai mon propos sur deux d'entre eux : le site de PSA à Chartres de Bretagne et l'usine de la Seita à Carquefou.

 

A la Janais, une entreprise qui n'a cessé depuis des années de supprimer des emplois se voit à nouveau aidée par les collectivités sous forme d'un rachat de terrain contre l'engagement du maintien d’une activité sur site. Mais que se passera-t-il quand les collectivités cesseront de subventionner, directement ou indirectement, ces grands groupes qui s’intéressent peu au sort des ouvriers et du tissu industriel local mais préfèrent réaliser plus de marge financières en faisant travailler des salariés moins payés et moins protégés d'autres pays d'Europe ou du monde ? Les décisions successives de PSA en la matière et les milliers d'emplois supprimés doivent nous pousser à la méfiance.

 

Ailleurs en Bretagne, à Carquefou, c'est une usine très rentable qui est déménagée en Pologne, avec pour seule justification l'espoir de profits plus élevés encore. Malgré la mobilisation des ex-salariés de la Seita, l'usine fermera, et Imperial Tobacco préfère détruire ses machines plutôt que les céder pour appuyer le projet de reprise de ses ex-salariés. 

 

Il fut un temps où l'on parlait d'« usines pirates » à propos des entreprises attirées en Bretagne par les aides publiques et la docilité supposée de la main d'œuvre. Que dire aujourd'hui de PSA et d'Imperial Tobacco ? Comment, avec ces exemples, compter sur des grands groupes internationaux pour assurer un avenir industriel à la Bretagne ?

 

La volonté populaire ne manque pourtant pas pour régénérer le tissu industriel et l'adapter aux défis du 21e siècle. L'esprit d'initiative non plus. Les ex-salariés de la Seita à Carquefou le montrent aujourd'hui en proposant de reprendre une production de cigarettes, selon un business plan prévoyant d'utiliser l'image positive de la Bretagne, de relocaliser la production primaire en partenariat avec des agriculteurs, de s'approcher autant que possible du cahier des charges de l'agriculture biologique et de limiter la toxicité de leurs produits. Breizh Tobacco aurait pu recréer une partie des emplois supprimés tout en proposant aux consommateurs des cigarettes moins nocives et en participant à la diversification de notre agriculture. Seul obstacle : la mainmise du groupe sur les machines et le mépris dont il fait preuve à l'égard de ses anciens salariés.

 

Les seuls décideurs économiques réellement motivés pour agir dans l'intérêt du territoire sont bien ceux qui y vivent et qui partagent le quotidien de la population. Des femmes et des hommes habitués à travailler avec un niveau de vie semblable à celui de la majorité de leurs concitoyens, sont peut-être les meilleurs experts que nous puissions trouver pour mettre en œuvre la relocalisation et la moralisation de l'économie que beaucoup appellent de leurs vœux.

 

Pour les accompagner, lever les blocages, les aider à tenir face aux pressions, la puissance publique doit se réorganiser en renforçant les échelons les plus proches du terrain et de la vie quotidienne, en donnant aux collectivités locales, et notamment aux régions, des marges de manœuvre budgétaires et des capacités législatives pour accompagner les dynamiques de relocalisation ou de développement des activités, mais également, pourquoi pas, leur permettra de prendre part à la gouvernance des entreprises.

 

La ville de Rennes et Rennes Métropole devront participer à cette stratégie.

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