Kristian Guyonvarc'h: les investissements dans le ferroviaire ne doivent pas oublier la Bretagne occidentale!

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Intervention de Kristian Guyonvarc'h, au nom du groupe Pays de Brest Solidaire, au Conseil de Brest Métropole Océane du 29 avril 2016, à propos du financement des projets ferroviaires Rennes-Brest, Rennes Quimper et Rennes-Nantes-Bretagne sud. 

 

 

Depuis deux ans l'organisation du débat public autour du projet LNOBPL se fait autour de deux problématiques :

  • au travers des axes est-ouest Rennes-Brest et Rennes-Quimper, il s'agit de réduire les temps de parcours avec l'est de la Bretagne afin de limiter le facteur déstabilisant pour le territoire breton de la mise en service de la LGV Le Mans-Rennes dont la conséquence première sera de mettre Rennes nettement plus près de Paris que de la pointe bretonne. C'est nécessaire mais ce faisant, on reste dans une logique de déplacements strictement est-ouest qui consacre d'une certaine façon la prééminence économique et politique de Paris sur la France et de Rennes sur la Bretagne administrative,

  • 2ème problématique, et celle-la est nouvelle : au travers du projet Nantes-Rennes-Bretagne sud, il s'agit de consacrer et de renforcer la dynamique économique et démographique dont profite depuis une quarantaine d'années la Bretagne orientale, autour d'un triangle Rennes-Nantes-Vannes.

 

Et la Bretagne occidentale dans tout ça, que devient-elle ? Après l'entrée en service de la LGV Rennes-Le Mans à l'automne 2017, suffirait-il que les temps de parcours entre Brest-Quimper et Paris soient réduits de 10 ou 15 minutes à l'horizon 2030 pour que les intérêts de l'ouest breton soient bien pris en compte ? Nous ne le pensons pas.

 

Que l'amélioration des liaisons ferroviaires entre Brest et Quimper soit un objectif totalement occulté dans la démarche LNOBPL, cela démontre que les intérêts spécifiques de la Bretagne occidentale sont secondaires aux yeux des principaux décideurs que sont l'Etat et la SNCF.

 

Nous habitons pourtant un département de plus de 900 000 habitants, mais vu de Paris, les liaisons ferroviaires Brest-Quimper ne sont pas une priorité. Vu de Rennes non plus d'ailleurs, hélas, et je ne parle pas ici du siège de l'institution régionale qui est plutôt attentive au sujet. Mais si Paris et Rennes ne se sentent pas concernés, nous ne sommes pas obligés de chausser les lunettes des autres.

 

Chacun connaît l'état de vétusté, de dégradation avancée de la voie unique, non électrifiée, qui relie Landerneau à Quimper. La qualité du service aux usagers s'est à ce point dégradée, le temps de parcours s'est à ce point allongé (il approche les 2 heures!) que la fréquentation y a logiquement baissé car la vocation de cette ligne n'est pas touristique. Les travaux de simple remise à niveau de cette voie unique, qui auraient du se faire sous le contrat de plan précédent, sont toujours en attente de réalisation en raison du manque d'enthousiasme de SNCF-Réseau (ex-RFF) et surtout de l'Etat, dont c'est pourtant la compétence. La réponse que le ministre Vidalies a faite au député Richard Ferrand cette semaine à l'Assemblée nationale ne suffit pas à nous rassurer car elle ne contient aucun engagement en termes de calendrier pour débloquer les 14 millions € attendus de l'Etat.

 

Nous voudrions attirer l'attention de nos collègues sur l'intérêt d'intégrer la problématique des liaisons ferroviaires entre Brest et Quimper dans le débat et les études complémentaires du projet LNOBPL au côté des deux autres problématiques que j'évoquais au début de mon intervention. Cela permettrait de travailler à doter la Bretagne d'une boucle ferroviaire complète, une boucle qui sortirait Brest comme Quimper de leur situation de terminus, de cul-de-sac ferroviaires, une boucle qui les mettrait en connexion directe avec toute la Bretagne sans devoir passer par Rennes. Le trafic dans les gares de Brest et de Quimper y gagnerait beaucoup, ce qui contribuerait à rentabiliser l'investissement des collectivités dans la modernisation de ces gares pour en faire des pôles d'échanges multimodaux.

 

Créer cette boucle ferroviaire au service d'une Bretagne plus intégrée et solidaire, c'est un des enjeux d'une amélioration des liaisons ferroviaires entre Brest et Quimper. Mais ce n'est pas le seul.

 

Si la voie Landerneau-Quimper devait être laissée en déshérence, voire venait à fermer, quelle réponse les collectivités du Finistère pourront-elles apporter à la congestion prévisible de la RN 165 ? Un doublement des voies routières? De nouveaux ouvrages d'art ? Pour quel coût et à quel prix pour l'environnement et la qualité de vie ?

 

Autre enjeu : pourquoi les Brestois devraient-ils être condamnés demain à prendre la route pour se déplacer vers la Bretagne sud ? Pourquoi les Quimpérois devraient-ils être condamnés demain à prendre la route pour se déplacer vers la Bretagne nord ? Autant de questions que les Rennais et les Nantais, eux, n'auront jamais à se poser, et cette situation privilégiée de cités vers lesquelles convergent la Bretagne nord et la Bretagne sud contribue évidemment à conforter Nantes et Rennes dans leurs fonctions de commandement économique et administratif au détriment de la Bretagne occidentale.

 

Par ailleurs, personne n'a oublié qu'en janvier 2013 l'effondrement d'une falaise au-dessus de la gare de Morlaix a privé pendant plusieurs mois tout le nord-Finistère d'un accès normal au train à partir de Brest ou de Landerneau. Garantir des liaisons ferroviaires de qualité entre Brest et Quimper, c'est donc aussi se prémunir contre le risque, qui n'est pas théorique, de se retrouver dans une situation de quasi-insularité. Et ce risque, il vaut pour les voyageurs comme pour le fret. On a vécu cette situation de crise, on pourrait la revivre.

 

Enfin, parce qu'il faut aussi penser à des échéances plus lointaines, si nous voulons que l'aéroport de Brest-Guipavas se voit conforté dans sa position de premier aéroport de la Bretagne administrative, avec une vocation internationale affirmée, alors il nous faudra penser à des connexions entre l'aéroport et le réseau ferroviaire. Si ce n'est pas demain, ce sera après-demain. A ce titre, des liaisons ferroviaires de qualité entre Brest et Quimper, donc avec toute la Bretagne sud, serait un atout indéniable pour cet aéroport.

 

Voilà pourquoi le groupe Pays de Brest Solidaire plaide pour que notre territoire, ses représentants rappellent fortement et constamment l'importance des liaisons ferroviaires entre Brest et Quimper dans le cadre du débat et des études complémentaires du projet LNOBPL et dans tous les échanges qu'ils pourront avoir avec les financeurs potentiels que sont l'Etat, SNCF-Réseau et la Région.  

07 87 36 41 66

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yannsyz

Alors que, @franceinfo, les sujets déplacement ou logement, avec de l'inventivité, Il y en a dans moult territoires.

yannsyz

Bref, @franceinfo, c'est avec ce type de journalisme "sous les fenêtres" qu'on a lancé Pierre Lelouche ou l'ex maire d'Évry sous les spots👇

yannsyz

Nan, parce qu'aujourd'hui, sur @franceinfo c'était les sujets politiques à Paris, la province fabriquant des sapins en Vendée. 👇

yannsyz

Du coups, citoyen de Lorient ou Bayonne paye 2 fois pour l'info régionale, une fois pour l'info parisienne. C'est un sujet, @franceinfo ?👇

yannsyz

...(suite) alors que leurs habitants payent déjà la redevance.

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