"Maintenir le caractère public des rues et des places"

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Mme La Maire,

Vous êtes intervenue à de nombreuses reprises depuis la rentrée sur vos priorités pour Rennes : la justice sociale, la tranquillité et la propreté. Les débats et les réflexions étant lancés sur ces sujets, je me permets d’intervenir aujourd’hui sur la question de l’espace public pour tenter d’apporter ma pierre à l’édifice collectif.

Les espaces publics sont des éléments essentiels du cadre de vie. Les voies, les places, les parcs, en structurant les espaces, définissent l’image de notre ville. Par l’ancienneté de leurs tracés, la qualité de leur traitement et le soin de leur entretien, de nombreux espaces publics sont partie intégrante du patrimoine urbain et forgent l’identité de la ville.

Ces espaces publics sont d’abord des lieux de vie, des espaces partagés, d’usage quotidien, qui doivent répondre aux besoins et aux aspirations de l’ensemble de la population. Ils appartiennent à tous et sont vecteurs de lien social. Il faut donc attacher une importance particulière à leur qualité.

Malheureusement, il me semble qu’aujourd’hui à Rennes, particulièrement dans le centre-ville, la qualité des espaces et l’équilibre des usages sont rompus.

Parlons du mobilier et des barnums des terrasses, par exemple, qui, dans certains lieux, par leur faible qualité et leur mauvaise intégration dévalorisent l’espace. Rappelons, tout de même, que le règlement du plan de sauvegarde et de mise en valeur de notre ex secteur sauvegardé interdit les chapiteaux, les tentes, les fermetures en façade, etc. Obligations qui ne sont pas toujours respectées.

Parlons du développement parfois anarchique de certaines terrasses qui ne permettent plus de circuler dans de bonnes conditions

Et, cerise sur le gâteau, les chauffages extérieurs qui sont une pure aberration écologique et qui devraient être interdits par notre collectivité.

Certes, elles sont une manière d’animer et de dynamiser certains espaces et elles participent à l’attractivité. Mais penser uniquement « terrasses » de bars ou de restaurant lorsque l’on parle d’espace public c’est oublier ceux qui ne « consommeront pas en terrasse ».

D’autres occupations de l’espace mériteraient aussi d’être interrogées :

Les drapeaux, les mobiliers ou les enseignes que certains commerces déploient dans la rue

Ou encore des mobylettes que certaines enseignes garent sur l’espace public sans autorisation

La patinoire en plein air… je ne relance pas le débat,

Et beaucoup d’autres

 

Face à ces constats, la ville doit agir pour faire cohabiter les usages de l’espace public car l’espace appartient à tous. Maintenir le caractère public des rues et des places participe au maintien de la qualité de vie pour tous.

La ville est elle-même garante et responsable ; elle est aussi actrice. Elle agit pour partager l’espace public sur le volet des mobilités (piéton, vélo, voiture, transports en commun). Par sa politique ambitieuse sur le centre ancien, elle permet au bâti de retrouver sa qualité architecturale. Elle déploie un plan lumière pour un éclairage public efficient…

Mais elle doit encore aller au-delà en agissant sur les tags, la signalétique, le mobilier urbain, les nuisances et de nouvelles exigences en matière de développement durable avec une attention particulière au volet énergétique.

Je vous propose, Madame la Maire, dans le cadre de notre fabrique citoyenne, d’ouvrir un chantier ambitieux pour que collectivement avec les commerçants, les riverains et les habitants de la ville nous déterminions de nouvelles règles pour améliorer la qualité de nos espaces publics.

 

Vidéosurveillance à Rennes : "vivre en intelligence plutôt que sous surveillance"

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Mme La Maire, Chers collègues

 

Nous avons déjà eu l’occasion de nous exprimer à de nombreuses reprises contre la vidéosurveillance. L’évaluation qui a été menée confirme, selon nous, les limites de ce système. Le débat d'aujourd’hui porte sur l’extension du réseau de caméras géré par la ville de Rennes qui passerait de 32 caméras à 40 fixes et 8 mobiles. Ce n’est pas un important développement, nous le concédons et le choix des lieux n’est pas incohérent. Mais il nous dérange car il cache une autre réalité, celle de l’extension globale de la surveillance vidéo. Lorsqu’il s’agit des banques ou de Keolis (pour KEOLIS, nous savons qu'il y a des caméras dans 366 bus, 627 dans les stations et parcs relais et 240 caméras dans les rames de métro.), ni la commune, ni les citoyens n’ont leur mot à dire ! Même si 40 caméras sont dérisoires par rapport à certaines villes comme Nice qui en compte 200, un outil si coûteux ne nous semble à la hauteur d’une véritable politique de sécurité et de tranquillité. Il ne permet de couvrir que des zones limitées, et son effet principal sur la délinquance est surtout de la déplacer. Dès lors, on voit mal en quoi la vidéosurveillance pourrait produire autre chose que des îlots de sécurité illusoire.

 

Pour garantir la protection de nos concitoyens, rien ne remplace d’une part la présence physique des forces de l’ordre, qui ont sur les caméras de videosurveillance l’avantage d’être mobiles et de pouvoir intervenir, et d’autre part la médiation sociale, pour prévenir en amont les situations conflictuelles. La logique de la vidéosurveillance ne peut conduire qu’à une fuite en avant, qu’à une tendance à élargir toujours davantage le champ de la surveillance à distance. Alors qu’une nouvelle loi liberticide vient d’être votée par le Parlement, force est de constater que c’est la politique globale de sécurité et de tranquillité publique qui est a interroger et non pas uniquement le rôle de la ville.

 

La vidéosurveillance ne doit pas conduire à une politique de l’autruche. Les policiers municipaux sont présents (et le seront encore plus avec l’arrivée de nouveaux agents), mais n’ont pas le pouvoir d’intervenir dans tous les domaines. Qu’il s’agisse du trafic de drogue ou même d’excès de vitesse, ils doivent systématiquement faire appel à la police nationale qui, elle, dépend du préfet.

 

Il est difficile pour un policier municipal d’être pleinement efficace quand il est en 1ère ligne sur le terrain pour assurer tranquillité et médiation mais n’est pas soutenu par la police nationale lorsqu’il s’agit de réprimer. La question de la légitimité des forces de l’ordre se pose aujourd’hui.

 

Alors que le Président Macron appelait de ses vœux un « pacte girondin », comment comprendre que la police soit toujours rattachée à un préfet qui ne tient son pouvoir que de l’État central ? La police, dès lors qu’elle répond aux ordres d’un pouvoir lointain, perd en légitimité populaire. Cela s’est vu l’an dernier lors des manifestations contre la loi « Travail ». La mairie payait, une fois encore, les pots cassés par l’État. Nous devrions pouvoir rétablir un rapport de confiance avec la police en la réorganisant fondamentalement. Plutôt que des policiers municipaux sans pouvoir, nous préconisons la création d’une police régionalisée, plus ancrée sur le territoire, qui fusionnerait les services de police et de gendarmerie existants.

 

Ainsi, notre débat sur l’extension de la vidéosurveillance cache malheureusement un problème de fond dont la collectivité n’est pas seule responsable mais qui devra être traité. Notre position sur la vidéosurveillance n’ayant pas évolué, nous voterons contre cette délibération. Nous pensons en effet que, moyennant une politique de médiation accrue et des moyens d’agir pour une nouvelle police de proximité, les citoyens rennais pourraient

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Je vous remercie

"Les collectivités territoriales ne peuvent pas éternellement compenser les désengagements de l’État."

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Madame la Maire,

 

Dans une tribune publiée dans Libération le 18 septembre dernier, vous avez qualifié les nouveaux dispositifs budgétaires liés au logement de « mesures inefficaces et profondément injustes » qui « mettront en péril l’ensemble du modèle de logement social de notre pays ». C’est sur ce point que nous souhaiterions porter notre intervention ce soir. Nous pensons que ces mesures libérales proposées par le gouvernement sont une conséquence logique de l’idée de l’aménagement du territoire développée depuis les années 2010 avec le statut de « métropole », des mesures que nous n’avons cessé de dénoncer ici même.

 

Avec la création des métropoles, il s’agissait de faire des anciennes « métropoles d’équilibres » de la DATAR les locomotives du développement économique des territoires à l’instar de Paris pour la France. En réalité, la prédominance de certaines grandes agglomérations est la conséquence de privilèges fiscaux octroyés par l’État. Ces privilèges sont payés par les autres, ceux qui n’ont pas la chance d’être considérés comme productifs de richesse par le pouvoir central. Voici comment, à coup de mesures fiscales dictées par le haut, on creuse un fossé entre les territoires et donc entre les populations.

 

Ces mesures dictées soi-disant par la recherche d’économies se traduisent concrètement par une recentralisation. Les coupes dans le budget des collectivités ne seraient sans doute pas si dramatiques si celles-ci ne dépendaient pas autant de l’État pour survivre.

 

Depuis les années 90, le prêt à taux zéro est une mesure sociale destinée à faire bénéficier aux primo-accédants d’une aide pour accéder à la propriété. Cela permettait aux personnes à revenus modestes de devenir eux aussi propriétaires. Le classement des communes françaises par zones éligibles est assez complexe.

 

En ce qui concerne le logement neuf, Rennes et Nantes et leurs agglomérations s’en sortent bien. Pourtant, le plan logement proposé par le gouvernement est bel et bien « injuste » pour reprendre votre expression Mme la Maire… Mais pas forcément plus pour Rennes ! En revanche, il l’est pour d'autres zones comme l’agglomération de Brest qui voit son prêt à taux zéro divisé par 2, et plus encore pour les zones rurales qui ne pourront pas en bénéficier ou alors seulement pour la rénovation des bâtis anciens. L’injustice est aussi de mise puisque ce sont les centres urbains qui se verront supprimer le prêt à taux zéro. La conséquence directe sera que la rénovation de l’ancien dans ces zones sera plus difficile ou disons moins aidée.

 

Donc l’accès au logement neuf sera de plus en plus réservé aux personnes vivant dans les grandes villes. Seul hic : les zones maintenues sont aussi celles qui disposent du moins de foncier ! Cela favorisera dès lors la destruction du patrimoine bâti existant pour densifier en banalisant un peu plus nos villes. Autre problème pour Rennes, ce dispositif va réduire la fluidité du parc locatif social puisque l’accès à la propriété des plus modestes sera entravé. Une prime au neuf donc qui bénéficie au BTP, mais sûrement pas aux petits propriétaires, nombreux en Bretagne. Et, la rénovation énergétique ? Elle n’est pas non plus au menu du gouvernement Philippe malgré les gesticulations sur le sujet.

 

A ceci s’ajoute, cerise sur le gâteau, la suppression des APL pour l’achat ce qui est un très mauvais calcul à long terme. Cela va en effet maintenir des personnes modestes dans les HLM et forcer les collectivités à investir plus pour faire face aux besoins croissants.

 

Mais Madame la Maire, les collectivités territoriales ne peuvent pas éternellement compenser les désengagements de l’État. La politique de Rennes et de la Métropole en matière de logement est reconnue même si nous aurions certainement des choses à redire, notamment sur les critères sociaux pour certaines aides. Mais globalement, force est de constater que la ville est dotée d’un parc de logements sociaux de qualité. Hélas, on sait d’avance, et vous l’avez rappelé, que l’enveloppe de rénovation va baisser du fait de la demande d’Emmanuel Macron faite aux bailleurs sociaux de réduire les loyers de 50 € pour compenser la baisse des APL imposé par le Gouvernement. Cela aura certainement pour répercussion la dégradation du parc.

 

En conséquence de quoi, Madame la maire, nous approuvons vos propos lorsque vous dites, dans une tribune de Ouest-France que « la politique économique et sociale qui est menée est dictée par un libéralisme affiché et affirmé, doublé d’une forme d’improvisation réelle et d’une méconnaissance et d’un mépris pour les territoires, les acteurs de terrain et les élus que nous sommes. ». Vous ajoutez qu’« il y a un espace à reconquérir entre Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron ». Oui, cet espace, c’est la Bretagne et cela fait plus de 50 ans que l’UDB le rabâche. En combattant le statut de métropole, nous n’avons jamais voulu nous opposer au fait urbain, mais bien au libéralisme qui déroule son projet de société injuste.

Intervention d'Ana Sohier sur la rentrée scolaire

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Mme La Maire, chers Collègues,


La rentrée scolaire est traditionnellement l’occasion de faire le point sur les projets et les évolutions dans le domaine de l’éducation au sens large. A contrario de mes collègues qui dénoncent à très juste titre les dérives du début de quinquennat Macron, je vais essayer de m'attacher à quelques points positifs.


La première annonce positive est celle de l’ouverture prochaine, début 2018, de la crèche Neizhig qui va permettre de combler le manque d’accueil du jeune enfant en langue bretonne. Avec 16 enfants accueillis, il s’agira de la crèche associative la plus importante de Bretagne de ce réseau qui est amené à se développer dans les années à venir. Rennes sera ainsi dotée d’une filière complète de structures d’accueil en breton, de la crèche à l’université.


Dans les écoles rennaises, une autre bonne nouvelle est également le dynamisme de la filière bilingue Breton-Français de l’école Champion de Cicé avec l’ouverture d’une seconde classe. La demande sociale est forte en Ille et Vilaine. Elle se traduit cette année avec l’ouverture de trois nouveaux sites bilingues à La Bouexière, La Guerche de Bretagne et Val d’Anast.


En Bretagne, les effectifs ont doublé en 10 ans. Comme à Rennes, c’est la preuve de l’attachement des bretons à leur langue, vecteur d’identité. Face à cet engouement, on peut imaginer le développement de nouvelles structures et écoles.


Cependant, ces bonnes nouvelles ne doivent pas nous faire oublier le contexte national anti-social dans lequel se passe cette rentrée et les difficultés que traversent beaucoup de secteurs, et particulièrement les associations, avec la suppression autoritaire et précipitée des CAE. Mes collègues en ont parlé et je les rejoins dans leur dénonciation de l'action du gouvernement dans ce domaine.


Le réseau d’écoles associatives, gratuites, laïques en immersion DIWAN en a fait les frais, comme les autres, montrant l’extrême fragilité de son statut. Pourtant, grâce à la mobilisation citoyenne, le gouvernement a fait marche arrière et a reconduit les contrats pour l’année scolaire. Les bretons ont ainsi montré qu’ils étaient attachés à certaines valeurs et prêts à lutter contre des mesures qui mettent en péril certaines solidarités.


Forte de ses soutiens, la mission d’intérêt général du réseau Diwan, pilier de l’effort de sauvetage et de réappropriation de la langue bretonne est reconnue.


Pour l'UDB, cette mission de service public doit être reconnue à travers un statut public régional qui garantira au réseau des moyens financiers à la hauteur de son attractivité et de son dynamisme. Il permettrait aussi de repenser plus globalement un système public d’enseignement en permettant plus d’indépendance et une participation des citoyens, acteurs de leurs territoires et de leurs problématiques.


Intervention d'Ana Sohier au conseil municipal de Rennes

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Le 26 juin 2016


Mme La Maire, chers Collègues,

 

Alors que nos nouveaux députés sont installés à l’assemblée nationale, et que le nouveau gouvernement nous prépare l’intégration des dispositions de l’état d’urgence dans le droit commun ou la révision du code du travail par ordonnances, je souhaitais intervenir pour rappeler que notre conception de la démocratie est à 100 lieues de ces considérations actuelles.

 

L'actualité nous hurle que ça s'engage mal, mais depuis quelques temps nous avions déjà les prémices d’une politique libérale destructrice de droits acquis de longues luttes. Nous vivons un retour en arrière, la France qui ose encore s’afficher comme pays des droits de l’homme est bien loin de l’idéal qu’elle promeut. Même Jacques Toubon s’inquiète des atteintes aux droits fondamentaux, comme à Calais où les associations sont empêchées de venir en aide aux exilés qui ont des conditions de vie inhumaines et ou la fourniture d’eau potable a été interdite le 31 mai dernier.

 

Le nombre important de votants s’opposant au Front National et votant pour « En Marche » au second tour de l’élection présidentielle sous prétexte que nos libertés fondamentales seraient menacées, nous montre l’impasse dans laquelle le système français coule.

 

Les démocrates de gauche qui s’opposaient précédemment à ce genre de système ont été absorbés, il n’y a plus de force d’opposition qui tienne la marée. Pour certains, le seul recours serait d’aller dans le rue, mais nous ne pouvons considérer que ce soit la seule solution. Le risque est maintenant d’être dans un rapport de force excluant tout type de débat démocratique. Ce type de populisme n’est pas la réponse concrète qui nous permettra de repenser le système. Peut-être s'agirait-il enfin d'œuvrer avec le citoyen pour que le monde de demain soit plus démocratique et plus en phase avec la vie quotidienne des habitants.

 

La fabrique citoyenne promue par la ville de Rennes était bien partie, mais ne faudrait-il pas accélérer pour co-construire réellement l’intégralité des politiques publiques avec les citoyens et les acteurs.

 

Les institutions sont en crises et l'urgence n'a jamais été aussi importante de s'unir pour qu’une vraie vie démocratique voit le jour. Nous sommes clairement dans une impasse de pensée politique, le renouvellement s’engagera quand l’intérêt général ne se focalisera pas sur le seul critère de la croissance économique pour penser le progrès social. Heureusement, certains l'ont compris, nous aurons 3 députés Corses qui pourront œuvrer en faveur des droits fondamentaux des peuples et des territoires à l’assemblée nationale.

 

Ana Sohier. "Les crises sont souvent l’occasion de refonder le modèle social."

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Intervention d'Ana Sohier au conseil municipal du 30 janvier 2017

Mme La Maire, Chers Collègues,

 

Nous votons ce soir le budget de la Ville pour l’année 2017. La dépendance des collectivités locales à l’État français et au système libéral qui nous gouverne nous oblige à considérer Rennes dans ce marché mondial.

 

Ces 10 dernières années, le PIB n’a pas diminué. Pourtant, le système libéral, système sans frontières du droit de tous sur tous a, chez nous, décuplé les inégalités. Difficile aujourd’hui de trouver un point positif nous permettant de ne pas affirmer que nous vivons une crise majeure et qu’il est temps pour notre société de changer de logiciel.

 

La mauvaise répartition des richesses est vectrice d’inégalités économiques, sociales et écologiques. La mise en concurrence des territoires, l’inadaptation du modèle économique ou la perte des acquis sociaux, contre laquelle certains d’entre nous se battent encore, renforcent le désarroi des citoyens.

 

Les services publics sont l’un des moyens de réduire ces inégalités. Cependant, face aux demandes croissantes des citoyens d’un côté, et à l’impact de la baisse des dotations de l’Etat français qui bloque tout développement de service de l’autre, la marge de manœuvre de notre collectivité est mince.

 

Dans ce contexte, il n’est cependant pas nécessaire de virer au pragmatiste déçu. Les crises sont souvent l’occasion de refonder le modèle social. Et ce nouveau modèle, c’est au niveau local que nous devons d’abord le porter pour permettre une vraie transition écologique et économique sur nos territoires et l’avènement d’une nouvelle gouvernance.

 

C'est dans ce climat particulier que nous sommes amenés à nous prononcer sur le budget primitif 2017 de la Ville de Rennes. Ce budget est à nouveau marqué par les transferts de compétences issus de la transformation de la Communauté d’agglomération en Métropole en 2015 et la poursuite des baisses des dotations de l’État français.

 

Alors que la politique de rigueur mise en œuvre par le gouvernement commence à produire ses premiers effets sur la dette publique avec une réduction de 0,5 %, il n’est pas inutile de rappeler que le bloc communal a été mis à contribution par l’État français à hauteur de 11 milliards d’euros entre 2015 et 2017, du jamais vu.

 

Dans un contexte où les besoins des collectivités vont croissants, il est, à mon sens, toujours aussi injuste de leur faire payer le déficit de l’État français ; elles ne sont responsables que d’environ 10% de la dette publique.

 

Dans la ligne des réformes, notre collectivité s’est employée à réduire ses dépenses tout en maintenant un effort d’investissement permettant de répondre aux besoins des rennais. La baisse de 1 millions d’euros des frais financiers, permis par l’utilisation du marché obligataire est une « bonne affaire » dans ce contexte de raréfaction des financements publics ; mais nous doutons de la pertinence de ce choix qui ne peut être envisagé, à long terme, comme une solution viable à un problème de fond.

 

Concernant Rennes Métropole, le budget 2017 est à nouveau impacté par les transferts définitifs de compétences et la fin des conventions de gestion. Au-delà des évolutions financières et comptables, cette nouvelle étape de la mutualisation interroge la politique de gestion du personnel et la gouvernance de la métropole.

 

Pour les salariés, l’année 2017 s’annonce aussi riche que l’année précédente avec la mise en œuvre du nouveau régime indemnitaire, la poursuite de la mise en œuvre du protocole de modernisation des parcours professionnels, des carrières et des rémunérations. Ces sujets sont importants car ils touchent à la responsabilité de la Ville en tant qu’employeur. Ils interrogent également Rennes Métropole qui gère les services communs aux deux collectivités.

 

De fait, c’est bien sur le sujet de la gouvernance que la Métropole est aujourd’hui attendue, du côté des citoyens comme du côté de ses représentants élus. Nous sommes nombreux, je crois, à nous interroger sur sa gouvernance et à regretter l’éloignement des citoyens. Tout cela pose question sur les valeurs et les fondements de l’intérêt général communautaire. Peut-être que la mise en place d’une fabrique citoyenne à l’échelle de la Métropole pourrait contrebalancer cette tendance ?

 

Tous ces efforts permettent à la ville de continuer à fonctionner selon nos valeurs, de maintenir un service public à la hauteur des enjeux et d’agir pour renforcer la cohésion sociale. Pourtant, nous voyons bien que notre ambition est limitée. Si nous pouvons regretter ici les choix de l’Etat français, ceux-ci s’imposent à nous et nous devons en tenir compte pour bâtir notre prévision budgétaire.

 

Le budget qui nous est présenté aujourd’hui respecte les grands équilibres et est fidèle au principe de solidarité qui compte tant pour notre majorité. Ce budget reste malgré tout ambitieux avec de nouvelles perspectives ; que les projets issus de la seconde saison du budget participatif viendront étoffer.

 

Pour contrebalancer les baisses d'activités qui touchent le bassin rennais, la Ville dispose des moyens nécessaires pour favoriser les initiatives de reconversion industrielles en lien avec les autres collectivités. Ces investissements doivent également concerner l’emploi public, qui contribue largement à la dynamique économique de notre bassin d’emploi. Dans ce domaine, la Ville et la Métropole ont entre leurs mains un levier important de la politique de l’emploi.

 

Il est également important que la Ville maintienne son effort financier aux associations et aux structures qui, dans les quartiers, accompagnent les citoyens dans leur vie quotidienne ou leurs projets. Il faut redonner à l’éducation populaire toute sa place et favoriser toujours plus la mixité sociale, gage d’ouverture et de diversité.

 

Chers collègues, le vote d’un budget est le moment de réaffirmer notre responsabilité face aux rennais, et d’en être digne. Je voterai ce budget 2017 qui a l’ambition de faire évoluer notre ville dans un contexte contraignant.

 

Mais nous devons également nous saisir des enjeux émergents, en renforçant les orientations budgétaires : il faut orienter dans une nouvelle direction notre mode de vie et notre Démocratie.

 

Merci de votre attention,

 

Ana Sohier. "Nous ne sommes même plus étonnés de voir nos représentants élus en procès pour diverses affaires"

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Intervention d'Ana Sohier au conseil municipal du 30 janvier 2017

Mme La Maire, Chers Collègues,

 

Alors que nous sommes en période de campagne pour les élections présidentielles, il nous semble important d'intervenir sur l'état de notre démocratie en France. Les résultats des différentes primaires, au-delà des candidats choisis par les votants, et de leur couverture médiatique, nous interroge sur l’écart qui se creuse entre la population et ses représentants.

 

Cet écart provoque une perte de confiance des citoyens qui considèrent, souvent par amalgame, que les élus ne servent que leurs intérêts particuliers. Pourtant, il est parfois difficile de ne pas aller dans ce sens ; nous ne sommes même plus étonnés de voir nos représentants élus en procès pour diverses affaires, que ce soit concernant les financements de campagne ou le détournement d'argent public.

 

Les décisions relatives au non cumul des mandats sont un début mais elles ne peuvent être considérées comme une solution à long terme car les questions du cumul des mandats dans le temps et du statut de l’élu ne sont pas résolues.

 

Le système même des primaires, alors qu’il prône une démocratie directe, renforce l'écart entre citoyens et politiques et creuse finalement un clivage qui ne devrait pas avoir lieu, entre citoyen et électeur. De plus en plus de français ne votent plus et la défiance envers les partis politiques est aussi palpable.

 

Il est temps de remettre le citoyen au centre des débats afin d'éviter de creuser un peu plus ce fossé avec l'opinion publique. Force est de constater toute la difficulté de cette démarche lorsque l'État français lui-même est à contrecourant avec une déchéance de nationalité ou un 49.3. Aux violences politiques peuvent parfois répondre des violences sociales.

 

Pour éviter que de telles situations se reproduisent, l'initiative de la ville de Rennes de mettre en place une charte de la démocratie locale et la fabrique citoyenne sont des initiatives à encourager. Mais ces initiatives ne doivent pas remplacer une véritable réforme démocratique.

 

Pour éviter de reproduire les erreurs du précédent mandat au niveau national, nous pensons qu'il faut, à notre niveau, et qu'il est de notre responsabilité de remettre le citoyen au centre des débats.

 

L'Union démocratique bretonne que je représente milite pour un renouvellement des institutions pour que la démocratie soit un système politique où le citoyen décide chez lui.

 

Ceci suppose une plus grande indépendance des collectivités, le processus décisionnel centralisé ne peut répondre à la réalité sociale, culturelle et à l'histoire personnelle des citoyens, et de fait, tend à mettre à l'écart le citoyen qui ne s'y reconnait plus.

 

Fédéralisme, autonomie des collectivités, initiatives locales répondraient nécessairement à cette crise démocratique et écologique. Nous espérons que les débats de la présidentielle seront à la hauteur de ces enjeux.

Ville de Rennes. L'UDB vote contre l'ouverture des commerces le dimanche

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Lors du dernier conseil municipal de Rennes, Ana Sohier, conseillère municipale UDB, est intervenue pour expliquer son vote défavorable à l'ouverture des commerces le dimanche. Voici son intervention.


"Nous nous étions déjà opposés à l'ouverture des commerces les dimanches et jours fériés lors du conseil municipal du 23 novembre 2015, nous avions soutenu ce vœu avec l'ensemble de la gauche. Ce dernier prévoyait le passage de 5 à 6 commerces ouverts exceptionnellement les dimanches et jours fériés, nous passerions alors à 12 ?

Ce n'est pas parce que les commerces sont ouverts plus souvent, voir constamment que les salariés, les chômeurs, les retraités, etc… dépenserons plus alors que leurs salaires, leurs pensions et minimas sociaux stagnent voir diminuent.

La proposition faite aux employés de travailler le dimanche, sur la base du volontariat, pour un salaire plus élevé masque la précarité de leurs situations, dans le contexte dans lequel nous vivons pensez-vous qu'un employé peut réellement refuser de travailler le dimanche ?

Considérant que ces dispositions augmentent la précarité des employés ; c'est pour cette raison que nous nous étions opposé à la loi travail, que nous nous opposons donc à cette délibération, pour rester fidèle à nos convictions de gauche."

07 87 36 41 66

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