Vote du budget 2018 de la ville de Rennes

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01/02/2018

Madame la Maire, Chers collègues,

Nous votons ce soir le budget de notre ville pour l’année 2018.

Les décisions de l'année 2017 relatives aux collectivités territoriales qui vont s'appliquer en 2018 sont pour le moins inédites et le pacte imposé par l'état aux plus grandes collectivités, validé par le Conseil constitutionnel, remet selon moi en cause les grands principes des lois de décentralisation de 1982, qui fondaient notre démocratie contemporaine. Car finalement, derrière un pseudo discours girondin de modernisation des institutions et des pratiques, la politique menée par le Président de la République et son 1er ministre ressemble sur ce point à une vieille politique centralisatrice et libérale.

l'Etat français, incapable de se réformer, préfère faire peser la charge sur les collectivités accusées de mauvaise gestion. Effectivement, celles-ci recrutent des agents pour gérer des services publics de proximité au bénéfice de leur population et c'est très bien ! Dans le même temps, 25 milliards d'euro sont engagés pour mener à bien le Grand Paris Express ; infrastructure qui serait probablement inutile si la France avait voulu aménager son territoire pour éviter la surconcentration, y compris sur le plan économique.

Difficile également de parler du budget des collectivités sans évoquer la suppression de la taxe d'habitation. Sans défendre cet impôt local qui méritait, comme beaucoup d'autres, d'être repensé, la manière dont cette réforme a été menée est ridicule et la compensation provisoire injuste. Petit à petit, les marges d'autonomie fiscale que possédaient encore les collectivités disparaissent. Par contre, du côté de l'Etat, on attend toujours les réformes structurelles !

Nuls doutes que l'ensemble de ces nouvelles dispositions vont impacter la ville de Rennes qui, comme l'a dit Mme La Maire, fera valoir ses arguments pour faire comprendre qu'une politique ne se résume pas à quelques indicateurs, surtout en période de croissance démographique. Car l'effort de désendettement sur 5 ans et l'augmentation maîtrisée à 1,2 % des dépenses de fonctionnement va impacter les territoires et réduire les investissements locaux. N’oublions pas que l’investissement public bénéficie directement à l’économie et à l’emploi.

Avec cette mesure, comment aurions-nous fait, il y a quelques années, pour augmenter fortement la subvention dont le CCAS avait besoin pour venir en aide aux populations les plus démunies de notre ville. Aurait-il fallu diminuer les subventions aux associations culturelles, ou aux clubs sportifs ? Ne plus aider les associations qui voyaient les emplois aidés rabotés ?

Il y a bien un chiisme aujourd’hui entre la politique de notre ville et celle de l’Etat, qui fait écho à cette phrase tristement connue d’Emmanuel Macron : « Il y a des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien ».

A Rennes, notre vision n'est pas celle-là et c'est pourquoi nos politiques sont ambitieuses et fondamentalement humanistes.

Notre vision diverge également avec l’Etat en ce qui concerne la politique migratoire même si beaucoup reste encore à faire dans ce domaine. Pour Rennes, investir dans la vie et le développement des quartiers est une évidence : nous affectons 12 millions d'euro au soutien à la vie associative et au fonctionnement des équipements de quartier et plus de 21 millions à l'action sociale.

Pour les salariés, l’année 2018 s’annonce, je l’espère, plus sereine que l’année précédente. Madame La Maire a insisté à l’occasion de ses vœux sur le rôle prépondérant des agents dans la mise en œuvre des politiques publiques. En tant qu’employeur public, la ville a également un rôle à jouer pour favoriser la qualité de vie au travail. N’oublions pas que l’emploi public contribue largement à la dynamique économique de notre bassin d’emploi. Dans ce domaine, la Ville et la Métropole ont entre leurs mains un levier important de la politique de l’emploi.

C’est au sujet de sa gouvernance que la Métropole est aujourd’hui attendue, du côté des citoyens comme du côté de ses représentants élus. Nous sommes nombreux, je crois, à nous interroger sur son fonctionnement et à regretter l’éloignement des citoyens. Un travail doit être mené sur les valeurs de cette collectivité et les fondements de l’intérêt général communautaire. Nous appelions de nos vœux, l’année dernière, la mise en place d’une fabrique citoyenne à l’échelle de la Métropole, force est de constater que nous n’y sommes pas. Ces politiques qui visent à faire participer les citoyens à l’action publique sont fondamentales comme celles qui agissent pour renforcer la cohésion sociale.

Il est important que la Ville maintienne son effort financier au profit des associations et des structures qui, dans les quartiers, accompagnent les citoyens dans leur vie quotidienne ou leurs projets.

Le budget qui nous est présenté aujourd’hui respecte les grands équilibres et est fidèle au principe de solidarité qui compte beaucoup pour notre majorité. Ce budget reste malgré tout ambitieux avec de nouvelles perspectives que les projets issus de la troisième saison du budget participatif viendront étoffer.

Chers collègues, le vote d’un budget est le moment de réaffirmer notre responsabilité face aux rennais, et d’en être digne. Je voterai ce budget 2018 qui a l’ambition de faire évoluer notre ville dans un contexte contraignant.

Merci de votre attention, 

Intervention de politique générale d'Ana Sohier

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01/02/2018

Intervention de politique générale

Mme la Maire, Chers collègues,

Suite à l'abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame des Landes, La Ministre des transports est venue en Bretagne pour échanger avec les élus sur un pacte d'accessibilité pour le développement des transports dans le grand-ouest de la France. Le 1er ministre l’a, en effet, chargé de penser un nouveau schéma sous 6 mois, c'est ambitieux quand on a porté pendant 50 ans un projet d'aéroport pour finalement l’abandonner. Preuve, probablement, qu’il était mal conçu puisque mal pensé.

Mais, puisqu’il faut penser un nouveau projet de développement des transports, nous souhaiterions vivement que les citoyens soient conviés à participer… Mais cela semble compromis en seulement 6 mois. Pourtant nous ne pouvons pas uniquement reprendre d’anciens projets, nous devons être ambitieux et développer des moyens de transports innovants qui soient réellement au service des habitants pour leurs besoins quotidiens et occasionnels.

Sur la concertation, autant éviter de reproduire les erreurs du passé. A Notre-Dame des Landes nous avons longtemps parlé de gaspillages de terres agricoles mais qu’en est-il à Paris ou l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle, par exemple, ne cesse de se développer. Les nouveaux projets devront penser intelligemment les impacts écologiques et économiques de nos déplacements.

A l’heure actuelle, force est de constater que le schéma aéroportuaire français renforce notre dépendance à Paris et l'aménagement des aéroports de Rennes et de Nantes ne pourront suffire, leurs équipements sont contraints, et ce ne sont pas des infrastructures de dimension internationale. En réponse à cela, on nous dira que Paris n’est qu’à 1h25 de Rennes par le train. Mais, ne soyons pas dupe, le gain de temps d'une demi-heure a entrainé une augmentation des prix des billets et globalement le prix du train ne permet pas à tous d'en profiter.

Ce projet cause une fracture territoriale et accentue les inégalités sociales. Largement financée par les collectivités bretonnes, la LGV bénéficie surtout aux nouveaux pendulaires. Elle a apporté de nombreuses perturbations sur le réseau TER, diminué les correspondances et ainsi les liaisons domicile-travail, obligeant certains à reprendre leur voiture.

La question fondamentale qui se pose aujourd’hui est celle de l’engagement financier de l’État dans le financement de nouvelles infrastructures nécessaires au développement de la Bretagne : liaison Rennes Nantes, amélioration des liaisons vers l’ouest de la Bretagne, mise en cohérence d’un schéma aéroportuaire breton avec les aéroports de Rennes, Brest et Nantes…

Si l’État peut affecter des recettes fiscales spécifiques et des subventions de plusieurs milliards d’euro pour financer le Grand Paris Express, elle peut aussi affecter des crédits pour l’aménagement cohérent de l’ensemble notre territoire ; à l’inverse de la politique menée par la SNCF et RFF depuis des années qui n’investit plus dans les lignes locales.

J’espère que dans les débats qui vont intervenir dans ce domaine avec l’Etat vous saurez Madame la Maire, défendre les intérêts de l’ensemble des bretonnes et des bretons et solliciter leur participation au débat.

Je vous remercie de votre attention,

Ana SOHIER, conseillère municipale UDB à la Ville de Rennes.

"Maintenir le caractère public des rues et des places"

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Mme La Maire,

Vous êtes intervenue à de nombreuses reprises depuis la rentrée sur vos priorités pour Rennes : la justice sociale, la tranquillité et la propreté. Les débats et les réflexions étant lancés sur ces sujets, je me permets d’intervenir aujourd’hui sur la question de l’espace public pour tenter d’apporter ma pierre à l’édifice collectif.

Les espaces publics sont des éléments essentiels du cadre de vie. Les voies, les places, les parcs, en structurant les espaces, définissent l’image de notre ville. Par l’ancienneté de leurs tracés, la qualité de leur traitement et le soin de leur entretien, de nombreux espaces publics sont partie intégrante du patrimoine urbain et forgent l’identité de la ville.

Ces espaces publics sont d’abord des lieux de vie, des espaces partagés, d’usage quotidien, qui doivent répondre aux besoins et aux aspirations de l’ensemble de la population. Ils appartiennent à tous et sont vecteurs de lien social. Il faut donc attacher une importance particulière à leur qualité.

Malheureusement, il me semble qu’aujourd’hui à Rennes, particulièrement dans le centre-ville, la qualité des espaces et l’équilibre des usages sont rompus.

Parlons du mobilier et des barnums des terrasses, par exemple, qui, dans certains lieux, par leur faible qualité et leur mauvaise intégration dévalorisent l’espace. Rappelons, tout de même, que le règlement du plan de sauvegarde et de mise en valeur de notre ex secteur sauvegardé interdit les chapiteaux, les tentes, les fermetures en façade, etc. Obligations qui ne sont pas toujours respectées.

Parlons du développement parfois anarchique de certaines terrasses qui ne permettent plus de circuler dans de bonnes conditions

Et, cerise sur le gâteau, les chauffages extérieurs qui sont une pure aberration écologique et qui devraient être interdits par notre collectivité.

Certes, elles sont une manière d’animer et de dynamiser certains espaces et elles participent à l’attractivité. Mais penser uniquement « terrasses » de bars ou de restaurant lorsque l’on parle d’espace public c’est oublier ceux qui ne « consommeront pas en terrasse ».

D’autres occupations de l’espace mériteraient aussi d’être interrogées :

Les drapeaux, les mobiliers ou les enseignes que certains commerces déploient dans la rue

Ou encore des mobylettes que certaines enseignes garent sur l’espace public sans autorisation

La patinoire en plein air… je ne relance pas le débat,

Et beaucoup d’autres

 

Face à ces constats, la ville doit agir pour faire cohabiter les usages de l’espace public car l’espace appartient à tous. Maintenir le caractère public des rues et des places participe au maintien de la qualité de vie pour tous.

La ville est elle-même garante et responsable ; elle est aussi actrice. Elle agit pour partager l’espace public sur le volet des mobilités (piéton, vélo, voiture, transports en commun). Par sa politique ambitieuse sur le centre ancien, elle permet au bâti de retrouver sa qualité architecturale. Elle déploie un plan lumière pour un éclairage public efficient…

Mais elle doit encore aller au-delà en agissant sur les tags, la signalétique, le mobilier urbain, les nuisances et de nouvelles exigences en matière de développement durable avec une attention particulière au volet énergétique.

Je vous propose, Madame la Maire, dans le cadre de notre fabrique citoyenne, d’ouvrir un chantier ambitieux pour que collectivement avec les commerçants, les riverains et les habitants de la ville nous déterminions de nouvelles règles pour améliorer la qualité de nos espaces publics.

 

Vidéosurveillance à Rennes : "vivre en intelligence plutôt que sous surveillance"

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Mme La Maire, Chers collègues

 

Nous avons déjà eu l’occasion de nous exprimer à de nombreuses reprises contre la vidéosurveillance. L’évaluation qui a été menée confirme, selon nous, les limites de ce système. Le débat d'aujourd’hui porte sur l’extension du réseau de caméras géré par la ville de Rennes qui passerait de 32 caméras à 40 fixes et 8 mobiles. Ce n’est pas un important développement, nous le concédons et le choix des lieux n’est pas incohérent. Mais il nous dérange car il cache une autre réalité, celle de l’extension globale de la surveillance vidéo. Lorsqu’il s’agit des banques ou de Keolis (pour KEOLIS, nous savons qu'il y a des caméras dans 366 bus, 627 dans les stations et parcs relais et 240 caméras dans les rames de métro.), ni la commune, ni les citoyens n’ont leur mot à dire ! Même si 40 caméras sont dérisoires par rapport à certaines villes comme Nice qui en compte 200, un outil si coûteux ne nous semble à la hauteur d’une véritable politique de sécurité et de tranquillité. Il ne permet de couvrir que des zones limitées, et son effet principal sur la délinquance est surtout de la déplacer. Dès lors, on voit mal en quoi la vidéosurveillance pourrait produire autre chose que des îlots de sécurité illusoire.

 

Pour garantir la protection de nos concitoyens, rien ne remplace d’une part la présence physique des forces de l’ordre, qui ont sur les caméras de videosurveillance l’avantage d’être mobiles et de pouvoir intervenir, et d’autre part la médiation sociale, pour prévenir en amont les situations conflictuelles. La logique de la vidéosurveillance ne peut conduire qu’à une fuite en avant, qu’à une tendance à élargir toujours davantage le champ de la surveillance à distance. Alors qu’une nouvelle loi liberticide vient d’être votée par le Parlement, force est de constater que c’est la politique globale de sécurité et de tranquillité publique qui est a interroger et non pas uniquement le rôle de la ville.

 

La vidéosurveillance ne doit pas conduire à une politique de l’autruche. Les policiers municipaux sont présents (et le seront encore plus avec l’arrivée de nouveaux agents), mais n’ont pas le pouvoir d’intervenir dans tous les domaines. Qu’il s’agisse du trafic de drogue ou même d’excès de vitesse, ils doivent systématiquement faire appel à la police nationale qui, elle, dépend du préfet.

 

Il est difficile pour un policier municipal d’être pleinement efficace quand il est en 1ère ligne sur le terrain pour assurer tranquillité et médiation mais n’est pas soutenu par la police nationale lorsqu’il s’agit de réprimer. La question de la légitimité des forces de l’ordre se pose aujourd’hui.

 

Alors que le Président Macron appelait de ses vœux un « pacte girondin », comment comprendre que la police soit toujours rattachée à un préfet qui ne tient son pouvoir que de l’État central ? La police, dès lors qu’elle répond aux ordres d’un pouvoir lointain, perd en légitimité populaire. Cela s’est vu l’an dernier lors des manifestations contre la loi « Travail ». La mairie payait, une fois encore, les pots cassés par l’État. Nous devrions pouvoir rétablir un rapport de confiance avec la police en la réorganisant fondamentalement. Plutôt que des policiers municipaux sans pouvoir, nous préconisons la création d’une police régionalisée, plus ancrée sur le territoire, qui fusionnerait les services de police et de gendarmerie existants.

 

Ainsi, notre débat sur l’extension de la vidéosurveillance cache malheureusement un problème de fond dont la collectivité n’est pas seule responsable mais qui devra être traité. Notre position sur la vidéosurveillance n’ayant pas évolué, nous voterons contre cette délibération. Nous pensons en effet que, moyennant une politique de médiation accrue et des moyens d’agir pour une nouvelle police de proximité, les citoyens rennais pourraient

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Je vous remercie

"Les collectivités territoriales ne peuvent pas éternellement compenser les désengagements de l’État."

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Madame la Maire,

 

Dans une tribune publiée dans Libération le 18 septembre dernier, vous avez qualifié les nouveaux dispositifs budgétaires liés au logement de « mesures inefficaces et profondément injustes » qui « mettront en péril l’ensemble du modèle de logement social de notre pays ». C’est sur ce point que nous souhaiterions porter notre intervention ce soir. Nous pensons que ces mesures libérales proposées par le gouvernement sont une conséquence logique de l’idée de l’aménagement du territoire développée depuis les années 2010 avec le statut de « métropole », des mesures que nous n’avons cessé de dénoncer ici même.

 

Avec la création des métropoles, il s’agissait de faire des anciennes « métropoles d’équilibres » de la DATAR les locomotives du développement économique des territoires à l’instar de Paris pour la France. En réalité, la prédominance de certaines grandes agglomérations est la conséquence de privilèges fiscaux octroyés par l’État. Ces privilèges sont payés par les autres, ceux qui n’ont pas la chance d’être considérés comme productifs de richesse par le pouvoir central. Voici comment, à coup de mesures fiscales dictées par le haut, on creuse un fossé entre les territoires et donc entre les populations.

 

Ces mesures dictées soi-disant par la recherche d’économies se traduisent concrètement par une recentralisation. Les coupes dans le budget des collectivités ne seraient sans doute pas si dramatiques si celles-ci ne dépendaient pas autant de l’État pour survivre.

 

Depuis les années 90, le prêt à taux zéro est une mesure sociale destinée à faire bénéficier aux primo-accédants d’une aide pour accéder à la propriété. Cela permettait aux personnes à revenus modestes de devenir eux aussi propriétaires. Le classement des communes françaises par zones éligibles est assez complexe.

 

En ce qui concerne le logement neuf, Rennes et Nantes et leurs agglomérations s’en sortent bien. Pourtant, le plan logement proposé par le gouvernement est bel et bien « injuste » pour reprendre votre expression Mme la Maire… Mais pas forcément plus pour Rennes ! En revanche, il l’est pour d'autres zones comme l’agglomération de Brest qui voit son prêt à taux zéro divisé par 2, et plus encore pour les zones rurales qui ne pourront pas en bénéficier ou alors seulement pour la rénovation des bâtis anciens. L’injustice est aussi de mise puisque ce sont les centres urbains qui se verront supprimer le prêt à taux zéro. La conséquence directe sera que la rénovation de l’ancien dans ces zones sera plus difficile ou disons moins aidée.

 

Donc l’accès au logement neuf sera de plus en plus réservé aux personnes vivant dans les grandes villes. Seul hic : les zones maintenues sont aussi celles qui disposent du moins de foncier ! Cela favorisera dès lors la destruction du patrimoine bâti existant pour densifier en banalisant un peu plus nos villes. Autre problème pour Rennes, ce dispositif va réduire la fluidité du parc locatif social puisque l’accès à la propriété des plus modestes sera entravé. Une prime au neuf donc qui bénéficie au BTP, mais sûrement pas aux petits propriétaires, nombreux en Bretagne. Et, la rénovation énergétique ? Elle n’est pas non plus au menu du gouvernement Philippe malgré les gesticulations sur le sujet.

 

A ceci s’ajoute, cerise sur le gâteau, la suppression des APL pour l’achat ce qui est un très mauvais calcul à long terme. Cela va en effet maintenir des personnes modestes dans les HLM et forcer les collectivités à investir plus pour faire face aux besoins croissants.

 

Mais Madame la Maire, les collectivités territoriales ne peuvent pas éternellement compenser les désengagements de l’État. La politique de Rennes et de la Métropole en matière de logement est reconnue même si nous aurions certainement des choses à redire, notamment sur les critères sociaux pour certaines aides. Mais globalement, force est de constater que la ville est dotée d’un parc de logements sociaux de qualité. Hélas, on sait d’avance, et vous l’avez rappelé, que l’enveloppe de rénovation va baisser du fait de la demande d’Emmanuel Macron faite aux bailleurs sociaux de réduire les loyers de 50 € pour compenser la baisse des APL imposé par le Gouvernement. Cela aura certainement pour répercussion la dégradation du parc.

 

En conséquence de quoi, Madame la maire, nous approuvons vos propos lorsque vous dites, dans une tribune de Ouest-France que « la politique économique et sociale qui est menée est dictée par un libéralisme affiché et affirmé, doublé d’une forme d’improvisation réelle et d’une méconnaissance et d’un mépris pour les territoires, les acteurs de terrain et les élus que nous sommes. ». Vous ajoutez qu’« il y a un espace à reconquérir entre Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron ». Oui, cet espace, c’est la Bretagne et cela fait plus de 50 ans que l’UDB le rabâche. En combattant le statut de métropole, nous n’avons jamais voulu nous opposer au fait urbain, mais bien au libéralisme qui déroule son projet de société injuste.

Intervention d'Ana Sohier sur la rentrée scolaire

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Mme La Maire, chers Collègues,


La rentrée scolaire est traditionnellement l’occasion de faire le point sur les projets et les évolutions dans le domaine de l’éducation au sens large. A contrario de mes collègues qui dénoncent à très juste titre les dérives du début de quinquennat Macron, je vais essayer de m'attacher à quelques points positifs.


La première annonce positive est celle de l’ouverture prochaine, début 2018, de la crèche Neizhig qui va permettre de combler le manque d’accueil du jeune enfant en langue bretonne. Avec 16 enfants accueillis, il s’agira de la crèche associative la plus importante de Bretagne de ce réseau qui est amené à se développer dans les années à venir. Rennes sera ainsi dotée d’une filière complète de structures d’accueil en breton, de la crèche à l’université.


Dans les écoles rennaises, une autre bonne nouvelle est également le dynamisme de la filière bilingue Breton-Français de l’école Champion de Cicé avec l’ouverture d’une seconde classe. La demande sociale est forte en Ille et Vilaine. Elle se traduit cette année avec l’ouverture de trois nouveaux sites bilingues à La Bouexière, La Guerche de Bretagne et Val d’Anast.


En Bretagne, les effectifs ont doublé en 10 ans. Comme à Rennes, c’est la preuve de l’attachement des bretons à leur langue, vecteur d’identité. Face à cet engouement, on peut imaginer le développement de nouvelles structures et écoles.


Cependant, ces bonnes nouvelles ne doivent pas nous faire oublier le contexte national anti-social dans lequel se passe cette rentrée et les difficultés que traversent beaucoup de secteurs, et particulièrement les associations, avec la suppression autoritaire et précipitée des CAE. Mes collègues en ont parlé et je les rejoins dans leur dénonciation de l'action du gouvernement dans ce domaine.


Le réseau d’écoles associatives, gratuites, laïques en immersion DIWAN en a fait les frais, comme les autres, montrant l’extrême fragilité de son statut. Pourtant, grâce à la mobilisation citoyenne, le gouvernement a fait marche arrière et a reconduit les contrats pour l’année scolaire. Les bretons ont ainsi montré qu’ils étaient attachés à certaines valeurs et prêts à lutter contre des mesures qui mettent en péril certaines solidarités.


Forte de ses soutiens, la mission d’intérêt général du réseau Diwan, pilier de l’effort de sauvetage et de réappropriation de la langue bretonne est reconnue.


Pour l'UDB, cette mission de service public doit être reconnue à travers un statut public régional qui garantira au réseau des moyens financiers à la hauteur de son attractivité et de son dynamisme. Il permettrait aussi de repenser plus globalement un système public d’enseignement en permettant plus d’indépendance et une participation des citoyens, acteurs de leurs territoires et de leurs problématiques.


Intervention d'Ana Sohier au conseil municipal de Rennes

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Le 26 juin 2016


Mme La Maire, chers Collègues,

 

Alors que nos nouveaux députés sont installés à l’assemblée nationale, et que le nouveau gouvernement nous prépare l’intégration des dispositions de l’état d’urgence dans le droit commun ou la révision du code du travail par ordonnances, je souhaitais intervenir pour rappeler que notre conception de la démocratie est à 100 lieues de ces considérations actuelles.

 

L'actualité nous hurle que ça s'engage mal, mais depuis quelques temps nous avions déjà les prémices d’une politique libérale destructrice de droits acquis de longues luttes. Nous vivons un retour en arrière, la France qui ose encore s’afficher comme pays des droits de l’homme est bien loin de l’idéal qu’elle promeut. Même Jacques Toubon s’inquiète des atteintes aux droits fondamentaux, comme à Calais où les associations sont empêchées de venir en aide aux exilés qui ont des conditions de vie inhumaines et ou la fourniture d’eau potable a été interdite le 31 mai dernier.

 

Le nombre important de votants s’opposant au Front National et votant pour « En Marche » au second tour de l’élection présidentielle sous prétexte que nos libertés fondamentales seraient menacées, nous montre l’impasse dans laquelle le système français coule.

 

Les démocrates de gauche qui s’opposaient précédemment à ce genre de système ont été absorbés, il n’y a plus de force d’opposition qui tienne la marée. Pour certains, le seul recours serait d’aller dans le rue, mais nous ne pouvons considérer que ce soit la seule solution. Le risque est maintenant d’être dans un rapport de force excluant tout type de débat démocratique. Ce type de populisme n’est pas la réponse concrète qui nous permettra de repenser le système. Peut-être s'agirait-il enfin d'œuvrer avec le citoyen pour que le monde de demain soit plus démocratique et plus en phase avec la vie quotidienne des habitants.

 

La fabrique citoyenne promue par la ville de Rennes était bien partie, mais ne faudrait-il pas accélérer pour co-construire réellement l’intégralité des politiques publiques avec les citoyens et les acteurs.

 

Les institutions sont en crises et l'urgence n'a jamais été aussi importante de s'unir pour qu’une vraie vie démocratique voit le jour. Nous sommes clairement dans une impasse de pensée politique, le renouvellement s’engagera quand l’intérêt général ne se focalisera pas sur le seul critère de la croissance économique pour penser le progrès social. Heureusement, certains l'ont compris, nous aurons 3 députés Corses qui pourront œuvrer en faveur des droits fondamentaux des peuples et des territoires à l’assemblée nationale.

 

Ana Sohier. "Les crises sont souvent l’occasion de refonder le modèle social."

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Intervention d'Ana Sohier au conseil municipal du 30 janvier 2017

Mme La Maire, Chers Collègues,

 

Nous votons ce soir le budget de la Ville pour l’année 2017. La dépendance des collectivités locales à l’État français et au système libéral qui nous gouverne nous oblige à considérer Rennes dans ce marché mondial.

 

Ces 10 dernières années, le PIB n’a pas diminué. Pourtant, le système libéral, système sans frontières du droit de tous sur tous a, chez nous, décuplé les inégalités. Difficile aujourd’hui de trouver un point positif nous permettant de ne pas affirmer que nous vivons une crise majeure et qu’il est temps pour notre société de changer de logiciel.

 

La mauvaise répartition des richesses est vectrice d’inégalités économiques, sociales et écologiques. La mise en concurrence des territoires, l’inadaptation du modèle économique ou la perte des acquis sociaux, contre laquelle certains d’entre nous se battent encore, renforcent le désarroi des citoyens.

 

Les services publics sont l’un des moyens de réduire ces inégalités. Cependant, face aux demandes croissantes des citoyens d’un côté, et à l’impact de la baisse des dotations de l’Etat français qui bloque tout développement de service de l’autre, la marge de manœuvre de notre collectivité est mince.

 

Dans ce contexte, il n’est cependant pas nécessaire de virer au pragmatiste déçu. Les crises sont souvent l’occasion de refonder le modèle social. Et ce nouveau modèle, c’est au niveau local que nous devons d’abord le porter pour permettre une vraie transition écologique et économique sur nos territoires et l’avènement d’une nouvelle gouvernance.

 

C'est dans ce climat particulier que nous sommes amenés à nous prononcer sur le budget primitif 2017 de la Ville de Rennes. Ce budget est à nouveau marqué par les transferts de compétences issus de la transformation de la Communauté d’agglomération en Métropole en 2015 et la poursuite des baisses des dotations de l’État français.

 

Alors que la politique de rigueur mise en œuvre par le gouvernement commence à produire ses premiers effets sur la dette publique avec une réduction de 0,5 %, il n’est pas inutile de rappeler que le bloc communal a été mis à contribution par l’État français à hauteur de 11 milliards d’euros entre 2015 et 2017, du jamais vu.

 

Dans un contexte où les besoins des collectivités vont croissants, il est, à mon sens, toujours aussi injuste de leur faire payer le déficit de l’État français ; elles ne sont responsables que d’environ 10% de la dette publique.

 

Dans la ligne des réformes, notre collectivité s’est employée à réduire ses dépenses tout en maintenant un effort d’investissement permettant de répondre aux besoins des rennais. La baisse de 1 millions d’euros des frais financiers, permis par l’utilisation du marché obligataire est une « bonne affaire » dans ce contexte de raréfaction des financements publics ; mais nous doutons de la pertinence de ce choix qui ne peut être envisagé, à long terme, comme une solution viable à un problème de fond.

 

Concernant Rennes Métropole, le budget 2017 est à nouveau impacté par les transferts définitifs de compétences et la fin des conventions de gestion. Au-delà des évolutions financières et comptables, cette nouvelle étape de la mutualisation interroge la politique de gestion du personnel et la gouvernance de la métropole.

 

Pour les salariés, l’année 2017 s’annonce aussi riche que l’année précédente avec la mise en œuvre du nouveau régime indemnitaire, la poursuite de la mise en œuvre du protocole de modernisation des parcours professionnels, des carrières et des rémunérations. Ces sujets sont importants car ils touchent à la responsabilité de la Ville en tant qu’employeur. Ils interrogent également Rennes Métropole qui gère les services communs aux deux collectivités.

 

De fait, c’est bien sur le sujet de la gouvernance que la Métropole est aujourd’hui attendue, du côté des citoyens comme du côté de ses représentants élus. Nous sommes nombreux, je crois, à nous interroger sur sa gouvernance et à regretter l’éloignement des citoyens. Tout cela pose question sur les valeurs et les fondements de l’intérêt général communautaire. Peut-être que la mise en place d’une fabrique citoyenne à l’échelle de la Métropole pourrait contrebalancer cette tendance ?

 

Tous ces efforts permettent à la ville de continuer à fonctionner selon nos valeurs, de maintenir un service public à la hauteur des enjeux et d’agir pour renforcer la cohésion sociale. Pourtant, nous voyons bien que notre ambition est limitée. Si nous pouvons regretter ici les choix de l’Etat français, ceux-ci s’imposent à nous et nous devons en tenir compte pour bâtir notre prévision budgétaire.

 

Le budget qui nous est présenté aujourd’hui respecte les grands équilibres et est fidèle au principe de solidarité qui compte tant pour notre majorité. Ce budget reste malgré tout ambitieux avec de nouvelles perspectives ; que les projets issus de la seconde saison du budget participatif viendront étoffer.

 

Pour contrebalancer les baisses d'activités qui touchent le bassin rennais, la Ville dispose des moyens nécessaires pour favoriser les initiatives de reconversion industrielles en lien avec les autres collectivités. Ces investissements doivent également concerner l’emploi public, qui contribue largement à la dynamique économique de notre bassin d’emploi. Dans ce domaine, la Ville et la Métropole ont entre leurs mains un levier important de la politique de l’emploi.

 

Il est également important que la Ville maintienne son effort financier aux associations et aux structures qui, dans les quartiers, accompagnent les citoyens dans leur vie quotidienne ou leurs projets. Il faut redonner à l’éducation populaire toute sa place et favoriser toujours plus la mixité sociale, gage d’ouverture et de diversité.

 

Chers collègues, le vote d’un budget est le moment de réaffirmer notre responsabilité face aux rennais, et d’en être digne. Je voterai ce budget 2017 qui a l’ambition de faire évoluer notre ville dans un contexte contraignant.

 

Mais nous devons également nous saisir des enjeux émergents, en renforçant les orientations budgétaires : il faut orienter dans une nouvelle direction notre mode de vie et notre Démocratie.

 

Merci de votre attention,

 

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