Ana Sohier. "Les crises sont souvent l’occasion de refonder le modèle social."

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Intervention d'Ana Sohier au conseil municipal du 30 janvier 2017

Mme La Maire, Chers Collègues,

 

Nous votons ce soir le budget de la Ville pour l’année 2017. La dépendance des collectivités locales à l’État français et au système libéral qui nous gouverne nous oblige à considérer Rennes dans ce marché mondial.

 

Ces 10 dernières années, le PIB n’a pas diminué. Pourtant, le système libéral, système sans frontières du droit de tous sur tous a, chez nous, décuplé les inégalités. Difficile aujourd’hui de trouver un point positif nous permettant de ne pas affirmer que nous vivons une crise majeure et qu’il est temps pour notre société de changer de logiciel.

 

La mauvaise répartition des richesses est vectrice d’inégalités économiques, sociales et écologiques. La mise en concurrence des territoires, l’inadaptation du modèle économique ou la perte des acquis sociaux, contre laquelle certains d’entre nous se battent encore, renforcent le désarroi des citoyens.

 

Les services publics sont l’un des moyens de réduire ces inégalités. Cependant, face aux demandes croissantes des citoyens d’un côté, et à l’impact de la baisse des dotations de l’Etat français qui bloque tout développement de service de l’autre, la marge de manœuvre de notre collectivité est mince.

 

Dans ce contexte, il n’est cependant pas nécessaire de virer au pragmatiste déçu. Les crises sont souvent l’occasion de refonder le modèle social. Et ce nouveau modèle, c’est au niveau local que nous devons d’abord le porter pour permettre une vraie transition écologique et économique sur nos territoires et l’avènement d’une nouvelle gouvernance.

 

C'est dans ce climat particulier que nous sommes amenés à nous prononcer sur le budget primitif 2017 de la Ville de Rennes. Ce budget est à nouveau marqué par les transferts de compétences issus de la transformation de la Communauté d’agglomération en Métropole en 2015 et la poursuite des baisses des dotations de l’État français.

 

Alors que la politique de rigueur mise en œuvre par le gouvernement commence à produire ses premiers effets sur la dette publique avec une réduction de 0,5 %, il n’est pas inutile de rappeler que le bloc communal a été mis à contribution par l’État français à hauteur de 11 milliards d’euros entre 2015 et 2017, du jamais vu.

 

Dans un contexte où les besoins des collectivités vont croissants, il est, à mon sens, toujours aussi injuste de leur faire payer le déficit de l’État français ; elles ne sont responsables que d’environ 10% de la dette publique.

 

Dans la ligne des réformes, notre collectivité s’est employée à réduire ses dépenses tout en maintenant un effort d’investissement permettant de répondre aux besoins des rennais. La baisse de 1 millions d’euros des frais financiers, permis par l’utilisation du marché obligataire est une « bonne affaire » dans ce contexte de raréfaction des financements publics ; mais nous doutons de la pertinence de ce choix qui ne peut être envisagé, à long terme, comme une solution viable à un problème de fond.

 

Concernant Rennes Métropole, le budget 2017 est à nouveau impacté par les transferts définitifs de compétences et la fin des conventions de gestion. Au-delà des évolutions financières et comptables, cette nouvelle étape de la mutualisation interroge la politique de gestion du personnel et la gouvernance de la métropole.

 

Pour les salariés, l’année 2017 s’annonce aussi riche que l’année précédente avec la mise en œuvre du nouveau régime indemnitaire, la poursuite de la mise en œuvre du protocole de modernisation des parcours professionnels, des carrières et des rémunérations. Ces sujets sont importants car ils touchent à la responsabilité de la Ville en tant qu’employeur. Ils interrogent également Rennes Métropole qui gère les services communs aux deux collectivités.

 

De fait, c’est bien sur le sujet de la gouvernance que la Métropole est aujourd’hui attendue, du côté des citoyens comme du côté de ses représentants élus. Nous sommes nombreux, je crois, à nous interroger sur sa gouvernance et à regretter l’éloignement des citoyens. Tout cela pose question sur les valeurs et les fondements de l’intérêt général communautaire. Peut-être que la mise en place d’une fabrique citoyenne à l’échelle de la Métropole pourrait contrebalancer cette tendance ?

 

Tous ces efforts permettent à la ville de continuer à fonctionner selon nos valeurs, de maintenir un service public à la hauteur des enjeux et d’agir pour renforcer la cohésion sociale. Pourtant, nous voyons bien que notre ambition est limitée. Si nous pouvons regretter ici les choix de l’Etat français, ceux-ci s’imposent à nous et nous devons en tenir compte pour bâtir notre prévision budgétaire.

 

Le budget qui nous est présenté aujourd’hui respecte les grands équilibres et est fidèle au principe de solidarité qui compte tant pour notre majorité. Ce budget reste malgré tout ambitieux avec de nouvelles perspectives ; que les projets issus de la seconde saison du budget participatif viendront étoffer.

 

Pour contrebalancer les baisses d'activités qui touchent le bassin rennais, la Ville dispose des moyens nécessaires pour favoriser les initiatives de reconversion industrielles en lien avec les autres collectivités. Ces investissements doivent également concerner l’emploi public, qui contribue largement à la dynamique économique de notre bassin d’emploi. Dans ce domaine, la Ville et la Métropole ont entre leurs mains un levier important de la politique de l’emploi.

 

Il est également important que la Ville maintienne son effort financier aux associations et aux structures qui, dans les quartiers, accompagnent les citoyens dans leur vie quotidienne ou leurs projets. Il faut redonner à l’éducation populaire toute sa place et favoriser toujours plus la mixité sociale, gage d’ouverture et de diversité.

 

Chers collègues, le vote d’un budget est le moment de réaffirmer notre responsabilité face aux rennais, et d’en être digne. Je voterai ce budget 2017 qui a l’ambition de faire évoluer notre ville dans un contexte contraignant.

 

Mais nous devons également nous saisir des enjeux émergents, en renforçant les orientations budgétaires : il faut orienter dans une nouvelle direction notre mode de vie et notre Démocratie.

 

Merci de votre attention,

 

07 87 36 41 66

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RT @NilCaouissin: Trop peu de dirigeants politiques européens et français osent le dire. C'est grave. L'Europe est attaquée sur ses bases:…

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Guyonvarc'h Kristian

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